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Posts Tagged ‘Piano’

#180 – Piano Man

10 mai 2013 1 commentaire

Billy Joel in Piano Man (1973)

 

Fait pas cette tête, et joue nous un peu de piano !

Rarement il me fut plus pénible d’écrire, alors que je peux jouer. Jouer au piano évidemment. Le clavier de touches plutôt que ce clavier de lettres. Le clavier de son, plutôt que ce clavier de signes.

Car le piano est toujours le plus fort. Il vient avant les mots. Je dirais même plus, il vient avant l’homme, comme dans le titre de la chanson. Il l’emporte sur l’homme et emporte les hommes. Même le pianiste n’est que le pantin de son instrument : c’est lui qui l’attrape par les mains, le mène sur la piste aux étoiles, le fait danser sur ses vagues blanches et noires, lui masse le coeur en insuflant le souffle d’une mélodie. Parfois même, il joue aux rabatteurs, rameute la foule des heureux et devient le noeud des solitudes partagées. Voici l’émotion provoquée et voici le sens de notre chanson.

Billy Joel en 1973, décrit ce que tout musicien ressent lorsqu’il est le centre d’un monde qui chante. Un monde dont il peut être parfois le seul être chantant. Mais parfois aussi, un monde plus vaste, fait de la rencontre des égos que le piano rend égaux. C’est toute l’histoire des piano bar, lorsque les hommes, las de penser, las de bavarder, las de vivre, se tournent d’un seul mouvement vers le noyau commun, la musique que chacun se partage et qui fait l’union. Alors tout le monde écoute, et tout le monde tangue et tout le monde chante. « Da da da di di da…. » Lire la suite…

#64 – I Don’t Like Mondays

21 mai 2012 1 commentaire

Boomtown Rats in It’s All The Rage (1979)

 

Pour comprendre (vraiment) le sens de cette chanson, on ne peut pas se passer d’aborder le terrible fait divers qui est à son origine. Âmes sensibles s’abstenir…

En ce début d’année 1979, au coeur de San Diego, la jeune Brenda Ann Spencer s’empare de la carabine offerte par son père (!), sort de chez elle et se met à tirer à vue sur les enfants qui jouent dans la cour d’école en face de la maison familiale. A la police qui cherche à comprendre cet accès de folie, la jeune fille de 16 ans déclarera froidement : « I don’t like Mondays »… (« je n’aime pas les lundis»). Bob Geldof, qui apprend dans la presse la nouvelle, vient de trouver l’un de ses titres phares.

Car comme souvent, la tragédie s’avère être une puissante source d’inspiration (« dans la bête assoupie un ange se réveille …» disait l’autre). De celle-ci naîtra quelques mois plus tard cette fulgurante mélodie et ces paroles saisissantes de réalisme. Sans doute encore trop liée à l’horreur de la réalité qu’elle décrit, la chanson n’obtiendra pas le succès qu’elle mérite au Billboard Hot 100 (mais se maintiendra tout de même au sommet des charts britanniques 4 semaines durant). Ce n’est que des années plus tard que les Etats-Unis redécouvriront toute la maestria que Bob Geldof a injectée dans ce duo piano-voix terriblement efficace. Avec en prime, un inoubliable glissando sur les touches noires en guise d’intro : dramatiquement féérique !

Entre temps la chanson devenue culte sera reprise par Tori Amos, puis Bon Jovi régulièrement en live. Même Dr House ne pourra résister à l’appel du clavier (S03E15)…

Let’s Rock Today (and Put Your Gun Down Tomorrow)

DS

LR : Cet article a été écrit peu avant les atrocités de Toulouse. Le choc des analogies m’a évidemment empêché de le publier plus tôt. Aujourd’hui, si la tristesse est toujours aussi vive, je me permets de poster ce billet en forme d’hommage aux victimes innocentes et à leurs familles.