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Posts Tagged ‘Funk’

#166 – Machistador

5 avril 2013 3 commentaires

-M- in Le Baptême (1998)

 

M n’a pas de shampoing et c’est pour ça qu’on l’M !

Déjà 15 ans que le grand Matthieu Chedid a fait naître sous nos yeux ébahis et nos oreilles ébaubies, son double scénique et médiatique. Pour l’occasion, la France musicale fut conviée dans son ensemble au baptême du petit M, être nocturne et trépidant, M-ant et M-able, aux doigts agiles et aux aigrettes acérés. Une révélation (pour ne pas dire révolution) pour le Rock made in France. A l’époque, certains oseront la comparaison avec la naissance au monde d’un Ziggy Stardust. D’autres (comme votre serviteur) s’amuseront simplement à sautiller aux rythmes entêtants des prestations étourdissantes du nouveau feu follet de la scène rock hexagonale.

Mais M ne sort pas de nulle part. Si son seul véritable papa se nomme bien Matthieu, il est le fruit de toute une lignée d’artistes et d’un entourage toujours très présent autour de la bête (de scène). N’importe quel linguiste vous le dirait : on n’arrive pas au M sans passer par les autres lettres de l’alphabet.

Le A tout d’abord de la grand-mère Andrée, la poétesse sucrée. Puis le L de son père Louis, qui a beau pas être beau, il est quand même chanteur rigolo. Il y a aussi le S de Sinclair (comment ça le S est après le M ? Pas dans SM en tout cas…) avec qui il tourne comme guitariste. Et enfin le E Lire la suite…

#20 – Eteins La Lumière

7 avril 2012 3 commentaires

Axel Bauer in Sentinelles (1990)

 

« Les Français parlent aux Français ! »

Au cœur de la nuit anglaise, une phrase héroïque se faufile entre les bombes du Reich et les obus antiaériens, véhiculant fièrement, dans les confins de l’hexagone, les derniers embruns de la fraternité nationale. Ces mots simples ont, pendant quatre ans, pris une dimension toute particulière. Ces mots historiques ont été prononcés inlassablement, quotidiennement, par le speaker de « Radio Londres » ; un certain Franck Bauer… (NDLRT : à ne pas confondre avec Jack, grand résistant s’il en est, mais nettement moins bavard…)

De « Radio Londres » aux radios libres, il n’y a qu’un pas… En 1983, un jeune guitariste compose et chante Cargo de nuit, frappant un grand coup dans l’univers musical hexagonal (dont les charts sont alors dominés par Richard Cocciante et Michel Torr…). En une seule chanson, qui se vendra à plus d’un million d’exemplaires, Axel Bauer entre dans l’histoire du Rock français, faute de rentrer, comme son papounet, dans l’Histoire tout court.  En quelques riffs de guitare, il réussit tout de même l’exploit de faire de Franck le père d’Axel (et non plus l’inverse). C’est ça, le côté Rock de la force…

Sa musique (et son clip), à la fois sombres et innovants, marquent les esprits (Jean-Paul Gaultier dira y avoir trouvé une source d’inspiration pour ses créations). Ce rock haché et ténébreux, aux arrangements funk,  propulse Axel sur le devant de la scène médiatique. Malheureusement pour lui, le jeune matelot est bien plus à l’aise dans la nuit de son cargo que sous la lumière des projecteurs. Le 9 juin 1984, sur le plateau policé et quincagéné de Champs Elysées, le gamin de 23 ans, mal à l’aise et désorienté, va tenter une « Kurt Cobain » avant l’heure, en brisant maladroitement sa guitare devant un public perplexe. La lumière s’éteint brusquement…

Pour se rallumer 8 ans plus tard avec… Eteins la lumière (bah quoi la vie est bien faite !). Un nouveau titre qui redorera le blason du rockeur maudit. Cette chanson, plus académique que Cargo, relance la carrière d’un chanteur plus mature mais toujours aussi tourmenté. Ce tube brille par la simplicité de sa structure (deux accords pour les couplets et refrains) et par la force de son motif mélodique reconnaissable immédiatement. Mais ce qui fait la spécificité du titre ce sont surtout les paroles, ciselées, percutantes et, (oserai-je le dire?…) lumineuses.

Pourtant, comme à son habitude, et malgré une cohorte de fans toujours plus fournie, Axel Bauer ne convertira pas l’essai et retombera dans un second anonymat. Décidément à part, l’énigmatique comète du rock français réapparaîtra encore une fois, accompagnée de Zazie, pour un duo choc, A ma place. Une chanson qui aura sans doute sa place dans cette tribune.

Et pour fêter les 51 ans de cet énergumène sans âge qui aura marqué en trois étapes le rock français, nous allumons (quoi qu’il en dise !) notre petite lumière sur cette carrière atypique.

Let’s Rock Today (and Shine a Light Tomorrow)

DS

LRT : Même si, ô miséricorde, nous n’avons pas inauguré les chroniques « rock français » avec l’inévitable Téléphone, voici pour vous une petite dose de notre « Mick Jagger national » sur le morceau du jour.