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Posts Tagged ‘Folk’

#264 – American Pie

25 avril 2014 Laisser un commentaire

Don McLean in American Pie (1971)

Ce n’est pas BHL, mais il entarte bien aussi !

Il s’appelle Don McLean (le nom le plus classe du monde, vous en conviendrez). Sa voix est de velours (pas de doute là-dessus non plus). Il a composé quelques mélodies encore dégustées les soirs d’hiver aux coins de toutes les cheminées de la planète  (la preuve).  Et sa « Tarte Américaine » (croquante et gourmande) reste l’un des plus grands tubes folk du XXe siècle. Et mon dessert préféré.

Pourtant qui connait encore Don McLean ? Quel sinistre trentenaire encasqué de Dr Dre irait citer aujourd’hui Monsieur McLean plutôt que Mister Stifler et sa bande de cynocéphales en T-shirt au son de ces deux mots désormais graveleux que sont devenus American et Pie ?  Comme rirait l’immense Pierre Desproges, ces deux mots puent désormais « le pied confiné et l’incontinence pollueuse de leurs petites détresses orgasmiques ».

Contre le grossier pouvoir des Majors Hollywoodiens et le vice des mineurs-mateurs de tous pays, ma quête pour la re(con)naissance du gentil folk d’antan continue…

Don McLean, musicien avant tout ! Lire la suite…

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#254 – Five Hundred Miles

28 mars 2014 Laisser un commentaire

Justin Timberlake – Carey Mulligan – Starcks Sand in Inside Llewyn Davis BO (2013)

 

Plus folk tu meurs !

Le folk, c’est d’abord une musique enracinée, une musique folklorique. Le folk a quelque chose du raï, du fado, du kezmer appliqué au pays-continent américain. C’est loin de nous, dans l’espace et dans le temps. Difficile pour un plus-si-jeune français de se retrouver dans une musique qui n’a bercé ni son pays et ni sa tendre enfance. Il faut se rendre tout de suite à l’évidence : le folk nous sera toujours un peu étranger.

Déshabiller Rock pour habiller Folk

Mais rien n’est perdu pour qui sait écouter.

Car le folk américain a eu la bonne idée de se faufiler incognito dans nos oreilles. Pour cela, il a dû s’insérer dans les failles et prendre les traits de la variété ici, du rock ailleurs.

C’est comme cela, déguisé, maquillé, travesti, qu’il a voyagé hors des grandes vallées américaines et a pu rayonner un temps dans le monde (avec Bob ou Joan).  Et c’est pourquoi le folk est toujours vivant, dans notre « pop-world-music » et jusque dans nos caveaux parisiens.

Insidieusement, le folk nous a nous aussi un peu construit musicalement et culturellement. Prenez « Si j’avais un marteau » : des salles de ricains passionnés reprenaient bien avant les fans de Cloclo le refrain entraînant de Pete Seeger. Je n’avais jamais bien compris le sens et le succès de cette bouse yéyé chanson. Si j’avais un marteau, j’aurais cogné sur Cloclo (ses frères et ses soeurs) pour qu’il cesse tout de suite le massacre (ce serait le bonheur…).

Mais voilà que tout s’éclaire d’un jour nouveau quand on l’écoute de l’autre côté de l’Atlantique. On retrouve une chanson traditionnelle, acoustique, simpliste comme un hymne de supporters, et qui clame un retour aux sources, à un autre mode de vie.

Pour raviver ce folk là, la sobriété des pionniers du genre, Justin Timberlake a dû se désapper, tomber la chemise à paillette, baisser un peu la lumière, et stoper son move sur le flow… Un pull bleu pâle sur une chemise sans carreau, une guitare sèche autour du cou, une voix plus suave que jamais, et nous voilà 60 ans en arrière, sur la scène live d’un bar new-yorkais en compagnie de folkeux purs et doux. Lire la suite…

#249 – Your Wish

14 mars 2014 1 commentaire

Talisco in EP n°1 (sortie de l’album en mai 2014)

« Mais non ?! » 

Faut pas le prendre comme ça !

Etrange comme la langue parlée charie régulièrement et sans prévenir une nouvelle mode lexicale. Par sa simplicité et ses sonorités rondes, le « Mais non ? » a fini de séduire son monde. Pour le pratiquer c’est très simple : lancez une rapide syncope du « mais » avec prolongation à l’envie du « non » final (accompagnées si possible de gros yeux de merlan frit ? – comment ça on ne dit plus « merlan frit » depuis des lustres ? – comment ça on ne dit plus « des lustres » depuis belle lurette ? – etc.).

Arboré discrètement par certains early adopters au sein des cercles intimes, le syntagme a traversé les couches sociales, adopté par des influenceurs de tous bords et désormais seule bonne manière de marquer l’étonnement en public pour qui veut être dans le coup. Terminé les « Ah bon ? », « Tu déconnes ? », C’est une blague ? », et autre « Bigre ! » qui ponctuaient précédemment nos abasourdissements.

Peut-être y a-t-il de mystiques raisons qui viendraient expliquer l’avènement actuel du « mais non » ?  Au coeur des temps obscurs, notre nouveau moyen-âge y a sans doute vu un premier pas vers l’ère lumineuse du « mais si » ? Mystère de la sémantique appliquée…

Ce petit interlude n’a pour ainsi dire aucun lien avec le morceau du jour. Lire la suite…