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Archive for the ‘50’s’ Category

#254 – Five Hundred Miles

28 mars 2014 Laisser un commentaire

Justin Timberlake – Carey Mulligan – Starcks Sand in Inside Llewyn Davis BO (2013)

 

Plus folk tu meurs !

Le folk, c’est d’abord une musique enracinée, une musique folklorique. Le folk a quelque chose du raï, du fado, du kezmer appliqué au pays-continent américain. C’est loin de nous, dans l’espace et dans le temps. Difficile pour un plus-si-jeune français de se retrouver dans une musique qui n’a bercé ni son pays et ni sa tendre enfance. Il faut se rendre tout de suite à l’évidence : le folk nous sera toujours un peu étranger.

Déshabiller Rock pour habiller Folk

Mais rien n’est perdu pour qui sait écouter.

Car le folk américain a eu la bonne idée de se faufiler incognito dans nos oreilles. Pour cela, il a dû s’insérer dans les failles et prendre les traits de la variété ici, du rock ailleurs.

C’est comme cela, déguisé, maquillé, travesti, qu’il a voyagé hors des grandes vallées américaines et a pu rayonner un temps dans le monde (avec Bob ou Joan).  Et c’est pourquoi le folk est toujours vivant, dans notre « pop-world-music » et jusque dans nos caveaux parisiens.

Insidieusement, le folk nous a nous aussi un peu construit musicalement et culturellement. Prenez « Si j’avais un marteau » : des salles de ricains passionnés reprenaient bien avant les fans de Cloclo le refrain entraînant de Pete Seeger. Je n’avais jamais bien compris le sens et le succès de cette bouse yéyé chanson. Si j’avais un marteau, j’aurais cogné sur Cloclo (ses frères et ses soeurs) pour qu’il cesse tout de suite le massacre (ce serait le bonheur…).

Mais voilà que tout s’éclaire d’un jour nouveau quand on l’écoute de l’autre côté de l’Atlantique. On retrouve une chanson traditionnelle, acoustique, simpliste comme un hymne de supporters, et qui clame un retour aux sources, à un autre mode de vie.

Pour raviver ce folk là, la sobriété des pionniers du genre, Justin Timberlake a dû se désapper, tomber la chemise à paillette, baisser un peu la lumière, et stoper son move sur le flow… Un pull bleu pâle sur une chemise sans carreau, une guitare sèche autour du cou, une voix plus suave que jamais, et nous voilà 60 ans en arrière, sur la scène live d’un bar new-yorkais en compagnie de folkeux purs et doux. Lire la suite…

#23 – Johnny B. Goode

10 avril 2012 3 commentaires

Chuck Berry in Chuck Berry is on top (1958)

 

Afin de répondre une fois pour toutes aux troubles-fêtes du monde entier, qui hurlent à qui voudra les entendre que Blondie, « c’est pas du rock », qu’Axel Bauer « c’est pas du rock », ou pire, que Let’s Rock Today « c’est pas du rock ! », j’ai décidé, en cette Semaine Radieuse, de frapper un grand coup. J’ai donc ressorti le livre d’histoire, dépoussiéré le tourne-disque, et je me suis enfoncé avec délice dans les grottes de Lascaux de notre musique préférée, sur les rives du Missouri…

Aux origines du Rock ‘n’ Roll

Nous nous retrouvons donc en 1951, entre Saint Louis et Oakville, sur les fameuses routes bordées du majestueux fleuve, là même où pataugeaient Tom Sawyer et ses amis. Mais c’est un autre symbole de la liberté qui nous intéresse ici. Il s’agit d’un jeune noir, petit délinquant, coiffeur à ses heures perdues, qui, sur un coup de tête, prend ses clics et ses clacs (enfin, sa guitare et son couteau) pour tenter sa chance loin de la misère familiale. Il se met alors à chanter sur les routes la force de son ambition.

Ce héros des temps moderne se doutait-il qu’il était aussi le héraut d’une nouvelle musique, d’une nouvelle culture, d’une Révolution ? Imaginait-il qu’avec quelques amis (Jerry, Elvis et les autres) il allait changer à jamais le cours de l’histoire ?

Ce demi-dieu de la musique n’est autre que … Johnny B Goode, a.k.a Chuck Berry. Lire la suite…