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#267 – Rockin’ In The Free World

Neil Young in Freedom (1989)

Neil young 4Les années 80 seront pour nombre d’artistes ayant émergé dans les années 60-70 (The Rolling Stones, Pink Floyd, The Who, AC/DC et bien d’autres) une terrible épreuve. Neil Young n’y échappera pas. Il restera très productif comme à son habitude mais l’inspiration n’y est plus vraiment et les nouvelles modes de sons synthétiques typiques des 80’s sont passés par là. Pas terrible donc pour bien faire vieillir une œuvre. Sortiront ainsi les albums « Re-Ac-Tor » (rageur mais passable), « Trans » (où le Loner s’essaie aux vocodeurs et synthétiseurs top kitch), « Everybody’s Rockin’ » (un disque de pur Rockabilly très 50’s de mauvais goût), « Old Ways » ou encore « This Note’s For You » (dans un style plus proche de ce que nous avait habitué Neil Young).

Il faudra attendre 1989 et l’album « Freedom » pour que Neil renoue avec et l’inspiration et le succès. L’album calqué sur le modèle de « Rust Never Sleep » (une face acoustique, l’autre électrique) sera disque d’or. On y retrouve l’hymne « Rockin’ In A Free World ». Cette même année sortira la compilation « The Bridge ; A tribute To Neil Young », regroupant des reprises de l’artiste par des groupes alternatifs de la nouvelle génération comme les Pixies, The Flaming Lips, Nick Cave, Sonic Youth, Dinosaur Jr. ou encore Soul Asylum. Un bien bel hommage ! Le Loner peut ainsi être rassuré et serein en entrant dans les années 90, celles qui marqueront véritablement son grand retour gagnant.

En 1990 sort « Ragged Glory » en compagnie du Crazy Horse. Il s’agit là d’un album d’anthologie rageur, ultra saturé, lourd, dévastateur, aux compositions impeccables et longues (trois morceaux dépassent les huit minutes !). Il est, selon les propos de Neil, une réaction hostile à la première guerre du golfe qui est en train de se dérouler et que les chaines d’informations proposent en guise d’entertainement en direct 24 heures sur 24. Cet album influencera des groupes comme Pearl Jam, Soundgarden ou Nirvana, alors en plein essor. C’est à ce moment que Neil Young est qualifié de « parrain du Grunge ». Sur la tournée promotionnelle qui suit, Sonic Youth ou les très bruyants Social Distortion seront invités à partager l’affiche. Le père est reconnu par toute une nouvelle génération. De cette tournée sortiront deux albums live : « Weld » (conventionnel) et « Arc » (un collage de larsen, saturation d’ampli et explosion sonique de guitares à l’image de « Metal Machine Music » de Lou Reed). Est-ce vraiment bien nécessaire?

Ce déluge de décibels sur autant de mois de tournée aura raison des tympans de Neil Young qui souffre à présent d’acouphènes et d’hyperacousie. Contraint à un repos forcé, le Loner débranche les guitares en sort en 92 avec les Stray Gators l’album acoustique « Harvest Moon », un clin d’œil à « Harvest » sorti vingt ans plus tôt avec la même formation. L’album est aussi agréable que doux. Une vraie réussite ! Il sera l’invité des fameux MTV Unplugged à l’instar d’Alice In Chains, Eric Clapton et bien évidemment Nirvana. Justement, Nirvana ; C’est à ce moment que l’icône grunge Kurt Cobain est retrouvé mort dans sa maison de Seattle. Dans sa lettre d’adieu figure une phrase du titre « Hey Hey My My » figurant sur « Rust Never Sleep »: « It’s better to burn out than to fade away ». Neil est effondré par cette nouvelle. Il écrira l’album suivant « Sleeping With Angels » en hommage à Cobain. Restons dans le grunge. Neil, pour son prochain opus, s’offrira en 1995 les services de Pearl Jam comme backing Band sur l’album « Mirror Ball ». Cette même année, il est intronisé au fameux Rock n’ Roll Hall Of Fame.

Neil traversera la fin des années 90 et 2000 en produisant des albums assez inégaux qui n’arriveront pas à rivaliser avec les précédents, sans pour autant être mauvais. Il tournera sans relâche avec différentes formations, en solo simplement entouré de ses guitares acoustiques ou en partageant l’affiche avec des artistes de la nouvelle génération comme Pearl Jam, The Black Crowes ou Oasis. Saluons quand même son dernier album et E.P. en date sortis en 2012 : « Americana » et « Psycheledic Pills » qui sont les seules vraies grandes productions de Neil Young depuis « Harvest Moon ». Des titres comme « Drifting Back » ou « Walk Like Giant » semblent tout droit sortis de sa période glorieuse des années 70. La même année, il publie le premier volet de son autobiographie franchement soporifique malgré sa brillante carrière. Il y évoque très (trop) longuement son projet « Pure Tone » rebaptisé « Pono » et  commercialisé depuis quelques semaines aux Etats-Unis. Pono est un système conçu à l’initiative du Loner qui permet le téléchargement de musique ultra haute résolution sur un Ponoplayer (mobile mais assez encombrant). Gadget ou véritable avancée ? A nous de tester… Quels projets pour l’avenir ? Neil est sur le point de sortir son 38ème album « A Letter Home » sur lequel figurera Jack White. Il travaille également sur le deuxième volet de ses mémoires.

Peu d’artistes peuvent se vanter d’avoir été aussi productifs et influents sur une aussi longue carrière. Neil Young fait partie de ceux-là. Il est évident que le vieux Neil continuera encore longtemps à produire de la musique et à tourner pour notre plus grand bonheur. Ainsi, on ne peut que souhaiter une belle et longue vie à Mr Young !

Let’s Rock Today (and Keep Rockin’ Tomorrow)

Paris Nord

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