Accueil > 70's, A Day In The Rock > #266 – I Wonder

#266 – I Wonder

Rodriguez in Cold Fact (1970)

 

rodriguez276L’histoire du rock est parsemée d’histoires, de légendes (plus ou moins urbaines) et de destinées improbables, le tout orchestré par des femmes et des hommes tous plus incroyables les uns que les autres. Mais parmi ces comptes de fée, il y en a quelques uns qui sortent du lot. Et l’histoire de Rodriguez trône au dessus de toutes, en tout cas de toutes celles dont j’ai connaissance.

L’histoire incroyable de Rodriguez est contée dans l’excellent Searching For Sugar Man, multiple award winenrs comme disent les cainris, un must-see pour les les amoureux du rock que nous sommes.

« J’aime Rodriguez au point de chier sur Dylan et Young« . OK, c’est du plagiat, mais l’esprit est là !

Il est très difficle d’être prophète en son pays, aucune surprise pour vous puis que c’est un sujet maintes fois traité chez LRT. Rodriguez a lui repoussé les limites de l’adage. Non seulement il n’était pas prophète aux US (il a du ventes y 12 albums…) mais il était considéré comme un Dieu du rock, supérieur à Elvis ou aux Stones de la grande époque, en Afrique du Sud. Une sombre histoire d’import d’un de ses disques par un touriste américain plus tard, les cassettes de l’album Cold Fact se repassent de mains en mains. A chaque fois c’est la même histoire : la magie opère, la claque est prise, un nouveau fan est conquis. Au point même que ses textes et mélodies sont devenus des hymnes de la lutte contre l’Apartheid, à son paroxysme dans les années 70.

Il faut dire qu’on ne peut rester insensible au charme auditif de Sixto. Une vois à la Dylan, mais sans le côté Daffy Duck. Des textes posés, sensés, poétiques, mais sans le côté intello d’un Neil Young. Une mélodie folk teintée de bases rythm’n’blues et rock’n’roll qui donne une puissance particulière à ses compositions.

Mais qui est ce Rodriguez ? La légende raconte qu’il s’est donné la mort sur scène (il a toujours été jalousé par Dalida), trop déprimé par le flop (totalement inexpliquable et inexpliqué – même par les plus grands producteurs de l’époque, aux manettes de ses 2 albums) de ses enregistrements. Qu’à celà ne tienne, des fans inconditionnels se lancent dans la recherche de Sugar Man (je ne vous fais pas un dessin sur le titre du film…), ce super hero devenu légendaire. Je vous passe les détails mais je me permets un spoil : ils atteignent leur but. Sixto est retrouvé, bien vivant, vivant toujours comme un rat à Détroit, bossant sur des chantiers, ayant complètement abandonné son rêve de devenir une rock star. Il était loin de s’imaginer ce qui l’attendait à Cape Town… S’en suit un premier concert, dans la fin des années 90, joué à guichets fermés (évidemment) devant une foule en délire (re-évidemment). Son entrée sur scène est à faire frissonner. Elle se fait sur les premières mesures d’I Wonder, cette ligne de basse si singulière annonçant la renaissance du phoenix, le retour du Dieu Sixto parmi les siens.

En ces temps plutôt moroses, il est bon de se rendre compte qu’il est important de s’accrocher à ses rêves. Celui de ces fans d’un artiste qu’ils croyaient mort et enterré s’est réalisé. Ils ont cherché… Et trouvé Sugar Man. Je ne peux m’empêcher d’esquisser un sourire ému et sincère (rien qu’en écrivant ces lignes) à l’imagination du sentiment qu’ils ont du ressentir à ce moment précis. C’est ça aussi, Searching For Sugar Man : une ode à l’optimisme, au fanatisme assumé et passionnel et à la persévérance. Et franchement : ça fait du bien…

Let’s Rock Today (and Meet Your Dead Idol Tomorrow)

Matt

Advertisements
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s