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#264 – American Pie

Don McLean in American Pie (1971)

Ce n’est pas BHL, mais il entarte bien aussi !

Il s’appelle Don McLean (le nom le plus classe du monde, vous en conviendrez). Sa voix est de velours (pas de doute là-dessus non plus). Il a composé quelques mélodies encore dégustées les soirs d’hiver aux coins de toutes les cheminées de la planète  (la preuve).  Et sa « Tarte Américaine » (croquante et gourmande) reste l’un des plus grands tubes folk du XXe siècle. Et mon dessert préféré.

Pourtant qui connait encore Don McLean ? Quel sinistre trentenaire encasqué de Dr Dre irait citer aujourd’hui Monsieur McLean plutôt que Mister Stifler et sa bande de cynocéphales en T-shirt au son de ces deux mots désormais graveleux que sont devenus American et Pie ?  Comme rirait l’immense Pierre Desproges, ces deux mots puent désormais « le pied confiné et l’incontinence pollueuse de leurs petites détresses orgasmiques ».

Contre le grossier pouvoir des Majors Hollywoodiens et le vice des mineurs-mateurs de tous pays, ma quête pour la re(con)naissance du gentil folk d’antan continue…

Don McLean, musicien avant tout !

Rarement cité parmi les musiciens folks qui comptent, ce new-yorkais d’origine italienne à pourtant consacré sa vie à ce genre et n’a eu de cesse de lui apporter la douceur de ses inventions. Ami intime de Pete Seeger (qu’on cite lui à tous les coups dans les abécédaires du folk), Don McLean a tout pour nourrir les livre d’histoire : un succès populaire immense et fulgurant, une belle gueule, une voix limpide et des morceaux qui ne veulent plus se faire oublier.

Auteur-Compositeur-Interprète (personne n’a inventé d’abréviation pour ça ?) au coeur tendre et aux cordes sensibles, Don McClean a peut-être eu le tort de n’avoir pas joué à faire bouger les lignes. McLean porte bien son nom : sa musique sera propre, sans brusquerie aucune et agréable à l’oreille. Pourquoi chercher plus loin ?

Illstration de cette tendance à la Dolce Vita : sa première guitare, qu’il reçoit pour ses 16 ans, ne viendra pas, comme chez tout ado hormonalement instable, écorcher les oreilles des voisins. Au contraire, il jouera pour sa famille de douces mélopées, et s’en servira sans doute dans le quartier comme Danny Zuko de son peigne : en parfait aspirateur à gonzesses.

Parce que le truc de Don c’est (et ça restera) la ballade sirupeuse et impressionniste. Au cours de sa longue carrière, il n’aura de cesse de chercher (et de trouver) la mélodie qu’on fredonne un soir d’été devant un soleil couchant, le frisson de bien-être d’une brise automnal, la nostalgie du temps des cerises. Don c’est un Leo ferré sans révolte, un Joe Dassin sans Dalton, un Hugues Aufrey sans Hugues (et sans Aufrey).

« American Pie », écrite à 20 ans seulement, reste la plus célèbre de ses compositions. La plus typique aussi. Car la chanson est un brin autobiographique, un brin universel et un brin réac (comme mon article du jour).

Vous prendrez bien une autre part de rock ?

« American Pie » c’est 8 minutes d’histoire du rock découpées en tranches à a fois bondissantes et nostalgiques.

Ce succès populaire est en fait un hommage aux grands noms du rock, à la fin d’un monde.  Les références sont légions et pas toujours identifiables avec certitude. On en est sûr, « The Day The Music Died » renvoie à l’accident d’avion de février 1959 qui vit disparaître 3 rockers de légendes : Buddy Holly, The Big Bopper, et Ritchie Valens. Les Beatles sont aussi de la partie avec leur révolutionnaire « Helter Skelter ». Niché sur les épaules de géants, la chanson n’invente pas. Elle s’incline modestement et avec respect.

Je vous laisse décoder le reste du dessert. De nombreux journalistes un peu trop gourmands se sont laissés entartés par les mystères de ce titre, oubliant au passage l’essentiel : la musique.

Car le plus important, reste tout de même l’impact sonore de ce morceau sur nos tympans inondés de bruits. Et à ce niveau, Don McClean inspiré a enfilé sa tenue de Meilleur Patissier des States, nous livrant une recette au dosage idéal : un appareil crémeux et léger déposé sur une pâte croustillante à souhait. Un régal qui s’écoute sans fin.

 

Alors oui, à 20 ans, le jeune Don a déjà « quelques rides au front et la peur de l’ennui ». Alors oui, Don McLean c’est peut-être le vieux con contre les jeunes Yolo. Mais c’est aussi le succès d’une musique simple, qui parle encore aux coeurs d’aujourd’hui et soigne toujours les oreilles blessées.

La chronologie n’est pas tout. Avouez qu’à notre Justin Bieber on peut encore préférer son « Wonderful Baby« .  Et qu’American Pie vaut tout de même mieux que sa foutue destinée masturbatoire !

Let’s Rock Today (and Be Fusty Tomorrow)

DS

LR : Pas si étonnant que ça, notons que la plupart des succès de Don McLean sont des hommages, et des hommages à des artistes rebelles : Vincent pour Vincent Van Gogh ou Wonderful Baby pour Fred Astaire. Don porte bien son prénom également…

 

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