Accueil > 70's, A Day In The Rock > #263 – Like A Hurricane

#263 – Like A Hurricane

Neil Young in American Stars ‘n Bars (1977)

Neil Young 3nA la sortie d’Harvest, Neil Young est à ce qui semble être son apogée artistique, critique et commerciale mais une sombre période se profile pour lui. Alors qu’il compte remettre en selle le Crazy Horse pour une série de concerts, durant les répétions se déroulant à San Francisco, le Loner n’a d’autre choix que de limoger son ami Danny Whitten, dépendant à l’héroïne, devenu ingérable et incapable d’enchainer deux accords. Neil lui payera son billet d’avion pour qu’il regagne Los Angeles et 50 dollars avec lesquels il « s’offrira » son ultime shoot. Whitten succombe à une overdose d’une combinaison de Valium et de Vodka quelques heures seulement après son éviction du Crazy Horse.

Neil Young est dévasté et se tient pour responsable de la mort de son ami. Son calvaire ne s’arrête pas là. Après une douloureuse séparation d’avec sa compagne de l’époque, l’actrice Carrie Snodgress, Neil apprend que son fils Zeke souffre d’un handicap cérébral qui empêche une croissance normale. Il sera également très affecté par le mort par overdose (encore…) d’un roadie de CSN&Y, Bruce Berry, lui aussi addict à l’héroïne. David Crosby affirmera qu’il volait et revendait le matériel du groupe pour se payer ses doses en tournée. Cette combinaison d’événements mêlée à la consommation massive de cocaïne et de marijuana de Neil Young vont le plonger dans une profonde dépression d’où sortira la « Ditch Trilogy » (littéralement la trilogie du « fond du trou »). Il s’agit là de trois albums : « Time Fades Away » (titres inédits enregistrés en public, sorti uniquement en vinyle), « On The Beach » et « Tonight’s The Night »sortis respectivement en 73, 74 et 75. Ce sont des albums sombres à tendance bluesy aux textes très noirs ne comportant aucun tube mais pourtant trois grands albums incontournables de l’histoire du Rock. Un moyen pour Neil d’exorciser ses démons, se relever et enfin se reconstruire.

Le loner ressort enfin la tête de l’eau et décide de rappeler ses potes du Crazy Horse, recrutant Franck Sampedro pour remplacer Danny Whitten. C’est reparti ! Le groupe se retrouve dans un local de Zuma Beach, une plage de Malibu pour composer, répéter et enregistrer l’album suivant simplement intitulé « Zuma ». On y redécouvre un Neil Young très en forme remis de ses années noires. Figure sur « Zuma » le classique et grandiose « Cortez The Killer » dont le texte dénonce la violence de la colonisation européenne de l’innocente Amérique. Le Loner nous y livre un fantastique jeu de guitare qui le caractérise si bien : un jeu plutôt brouillon, techniquement faible et imprécis mais tellement sincère, direct, viscéral. On retrouve également « Danger Bird » considéré par Lou Reed comme l’une des plus grandes chansons de tous les temps. Bon, à vous de juger…

L’album suivant est un peu plus faible. « American Satrs n’ Bars » ne sera finalement qu’une compilation de titres enregistrés depuis 1974 en solo et avec ses différents backing bands : Crazy Horse et Stray Gators. Quelques pépites sortent du lot comme « Will To Love »  (enregistré seul sur un quatre piste) et le fabuleux « Like A Hurricane » (qui vous est proposée ici même) et son solo on ne peut plus Neil Young. Dans la foulée, sortira « Decade », un double best-of de sa carrière indispensable pour toute personne voulant découvrir l’univers de Neil Young.

Il finira la décennie en sortant le très Country-Folk « Comes A Time » en solo (de très grande qualité) et surtout « Rust Never Sleeps » qui est considéré comme son meilleur album depuis « Harvest ». L’album est divisé en deux parties : une première face acoustique et la deuxième, très électrique avec le Crazy Horse. Particularité de ce disque : il sera enregistré en public (comme « Time Fade Away ») mais sans le son du public ce qui lui donne un aspect très direct et puissant surtout en face B. On considère aujourd’hui « Rust Never Sleep » et l’album Live qui suivra (« Rust Live ») comme des albums fondateurs du mouvement Grunge et Post Punk. Les années 70 se terminent on ne peut mieux pour le Loner qui est véritablement en cette année 79 au somment de sa carrière, bien plus qu’à la sortie d’« Harvest ». Mais les maudites années 80 pointent déjà leur nez et le déclin s’annonce…

Let’s Rock Today (and Be At The Peak Tomorrow)

Paris Nord

Publicités
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :