#251 – Sway

The Rolling Stones in Sticky Fingers (1970)

Mick taylorA la question : « quel est le plus grand groupe de rock encore en activité aujourd’hui ? », la réponse serait logiquement The Rolling Stones. A la question : « Citez moi le nom d’un des guitaristes des Rolling Stones », les noms les plus souvent cités seraient Keith Richards (et c‘est bien logique), Brian Jones ou Ron Wood avec un peu de chance et de culture musicale. Combien de petits malins pourraient répondre à cette même question : « Mick Taylor » ? Bien peu hélas ! Et pourtant, Mick Taylor est l’un des membres majeurs qu’aient connu les Stones, puisqu’il a participé à l’enregistrement, entre de 1969 et 1974, des plus grands albums du groupe et en globalisant, de l’histoire du Rock.

Mick Taylor est né le 17 Janvier 1949 à Welwyn Garden City, petit ville au Nord de Londres, d’une famille ouvrière. Se tournant dès 12 ans vers la musique, et plus particulièrement le Blues et la guitare, Mick fait rapidement ses armes dans divers groupes anecdotiques tels que The Juniors ou The Gods. Grâce à son jeu se spécialisant dans la technique du slide, il se fait vite un nom et une réputation dans le milieu Rythm’ n’ Blues anglais. C’est ainsi qu’en 1967, il est approché par le prestigieux bluesman britannique John Mayall pour intégrer son groupe, The Bluesbreakers, succédant ainsi à Eric Clapton et Peter Green parti fonder le Fleetwood Mac. Excusez du peu. En 2 ans, Taylor participe avec Mayall à l’enregistrement de trois albums studio, deux live et une série de tournées en Europe et aux Etats Unis.

Commençant à se lasser de son job chez The Bluesbreakers, Mick Taylor pense s’orienter vers une carrière solo. Mais il n’en sera rien pour l’instant. Le malheur des uns faisant souvent le bonheur des autres, Taylor va se voir proposer l’opportunité de sa vie : remplacer Brian Jones (mystérieusement mort noyé dans sa piscine) au sein des déjà énormes Rolling Stones. Pas d’hésitation, il accepte !

Son baptême du feu avec les « pierres qui roulent » se fera le 13 Juin 1969 à Hyde Park devant 150.000 personnes lors d’un concert gratuit en hommage au regretté Brian Jones disparu à peine 48 heures plus tôt. Le concert est mauvais et Taylor n’a pas encore pris ses marques. Cela n’entache pas l’enthousiasme du jeune guitariste et dans la foulée de ce concert, le groupe se rend à l’Olympic Studio de Londres pour poursuivre l’enregistrement du déjà bien entamé prochain album des Stones, le génialissime « Let It Bleed ». Mick Taylor ne figurera que sur les titres « Country Honk » et « Live With Me ». Il jouera également sur le 45 tours « Honky Tonk Woman ». Son talent n’est alors pas encore vraiment perceptible.

Novembre 69, début de sa première vraie tournée avec les Stones, en Amérique du Nord. Le groupe, qui n’avait pas tourné depuis 67, et son nouveau guitariste sont bien rodés et marchent à plein régime. En témoigne l’album live « Get Your Ya-Ya’s Out ! », enregistré au Madison Square Garden de New York. On y découvre toute la virtuosité et la parfaite alchimie entre les guitares de Richards et Taylor, notamment sur le fabuleux « Midnight Rambler ». Même si Mick était habitué aux tournées au sein des Bluesbreakers, avec les Stones, c’est une autre histoire. Il vit sur cette tournée le mythe Sexe, Drogue, Rock n’Roll et Violence dont le point culminant sera la tragédie d’Altamont. Durant ce festival gratuit se déroulant au Nord de San Francisco (se voulant être le pendant Woodstock de la côte Ouest), un jeune homme noir se fait poignarder à mort devant les yeux des Stones par un Hell’s Angel changé de la sécurité…

Même si cette tragédie marque le groupe (enfin, certains plus que d’autres…), la tournée de promotion de « Let It Bleed » continue et les Rolling Stones commencent à composer (du moins Jagger et Richards) et à travailler sur l’enregistrement du prochain album dans divers studios. Ce sera l’occasion pour Mick Taylor de prouver tout son talent sur un album entier. Il le fera avec brio ! « Sticky Fingers » et sa légendaire pochette signée Warhol sera une œuvre magistrale et la guitare de Mick Taylor (bien souvent une Gibson Les Paul) y est flamboyante. Un jeu simple, mais quelles fluidité, classe et harmonie ! Ses solos subliment les compos déjà bien solides signées Jagger/Richards comme sur « Wild Horses », « Can’t You Hear Me Knocking » ou l‘incroyable « Sway », qu’il vous est proposé ici de savourer. Outre son apport instrumental au sein du groupe, Mick Taylor s’implique également dans la composition de certains titres comme « Moonlight Mile » ou le précédemment cité « Sway » sur lequel Richards ne joue absolument aucune note (Jagger se chargeant de la guitare rythmique, et oui !). Pour une question contractuelle et sans doute de fierté de la part des Glimmer Twins, Mick Taylor ne sera pas crédité sur ces titres. Qu’importe, le jeune homme vient d’intégrer le navire et laisse le dernier mot aux capitaines pensant que la reconnaissance viendra plus tard… « Sticky Fingers » sort le 23 avril 1971 et rencontre un grand succès. Album très bluesy, il doit sa qualité et une partie de son succès au travail accompli par Mick Taylor qui redonne un nouveau souffle au groupe.

C’est au moment de la sortie de cet album que les Stones doivent quitter l’Angleterre (pour des raisons fiscales) après une série de quelques « concerts d’adieu » sur le sol britannique. C’est ainsi que le groupe se retrouve en France, sur la Côte d’Azur, et plus précisément à Villefranche-sur-Mer pour enregistrer l’album suivant. C‘est là, à la Villa Nellcôte loué par Keith Richards que va s’écrire une page légendaire de l’histoire du Rock. L’enregistrement de l’album se fait dans la cave, dans une ambiance mêlant drogue, sexe, flingues, mafia, infidélité, parasites, alcool, blues poisseux et j‘en passe. C’est pourtant dans cette même ambiance que les Stones vont produire ce qui restera leur plus grand album et surement leur dernier vrai chef d’œuvre absolu (même si paradoxellement il ne comporte aucun veritable tube mise à part peut-être « Tumbling Dice ») : « Exile On Main St. ». Un double album sur lequel Mick Taylor est une nouvelle fois lumineux, au sommet de son art. Ses guitares s’entremêlent miraculeusement avec celles de Keith Richards (« Rock Off », « Rip This Joint », « Turd On The Run » pour ne citer que ces titres). Là encore, Taylor s’implique dans la composition et sera crédité sur un seul morceau : «V entilator Blues ». Une bien maigre récompense. L’album sera mixé à Los Angeles et sortira en Mai 1972. S’ensuit une tournée promotionnelle qui inclura la légendaire S.T.P. (Stones Touring Party), qui consistait en 2 mois à travers les Etats Unis ou tous les excès sont une nouvelle fois au rendez-vous… A partir de là, plus rien ne sera jamais comme avant pour notre ami Mick Taylor. Ca, c’est la seconde partie de l’histoire et je vous invite à la découvrir dans ces mêmes colonnes, dès vendredi…

Let’s Rock Today (and Be The Forgotten Man In The Biggest Band Ever Tomorrow)

Paris-Nord

LR : Si vous aimez l’article (ou l’artiste ça marche aussi), retrouvez sur Deezer l’album qui prouve que Mick Taylor n’était pas un second couteau.

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