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#198 – I Will Wait

Mumford & Sons in Babel (2012)

 

A droite, M&S. A gauche, la bande de saltimbanques confédérés de Cold Mountain (2003), avec un certain… Jack White. Tous les chemins mènent au Rock.

Mesdemoiselles, mesdames, pour les raisons que je vais vous énoncer, je ne doute pas de votre ralliement à ma cause en fin d’article (exception faite des allergiques à la mandoline). Messieurs, sachez quant à vous que je vous vois venir d’ici avec vos gros sabots anti-boys band (dans sa plus pure définition, j’entends). Cette chanson est également pour vous, si vous lui donnez une chance. Enfin et surtout, cet hymne à l’amour patient, héritier moderne des ballades de Lynyrd Skynyrd et de l’audace de Bob Dylan (avouons-le, l’harmonica, c’était risqué), nécessite que vous laissiez de côté votre jalousie chronique et immuable vis-à-vis des groupes de jeunes hommes en fleur grattant les guitares dont le mojo auprès de la gente féminine est à vos yeux totalement incompréhensible. Après tout, ils ont les cheveux gras. Le bide, aussi. Et des goûts douteux en termes vestimentaires (à mi-chemin entre le clodo et le hipster). Mais ce Marcus Mumford et ses fils (adoptifs) méritent votre attention.

On ne va pas se le cacher, les Mumford & Sons, c’est un style bien particulier. Il faut aimer. D’autant plus qu’avec Babel, leur second album, il ont pris un virage country folk aussi marqué qu’un lacet sur le Mont Ventoux. Et que, pour beaucoup d’entre nous, la country, c’est Shania Twain (« Man… ! I feel like a wo… » Chut). Ou pire, 120 rednecks en santiags et shorts en jean mal taillés essayant de fracasser un plancher de saloon qui n’a rien demandé, tout ça sur Cotton Eye Joe. Dans les deux cas, la plupart des gens se barrent en courant à la simple évocation du mot « country ». Mais avec Mumford & Sons, c’est différent. Leur chanson I Will Wait redore le blason du mot honni. Pour quelles raisons, me demanderez-vous ?

Pour ces instruments, certes tombés en légère désuétude, MAIS dont ils savent extrêmement bien se servir. Je m’explique, en sortant ces instruments de leur utilisation souvent simpliste et de leurs associations habituelles, la mandoline (une mando-quoi ?) et le banjo finiraient par donner au plus parisien d’entre nous des envies d’escapades champêtres, le brin d’herbe entre les dents, la fleur dans les cheveux, la bière à la main. Un peu comme à Woodstock, mais sans l’héroïne. Et avec les fringues.

Pour ces paroles : alors, soyons honnêtes, il semblerait que seul le refrain ait été écrit sobre. Mais ces trois mots sonnent avec harmonie. Et de belle manière. Ils s’insinuent peu à peu au milieu des couplets métaphoriques (les non anglophones que nous sommes devront d’ailleurs se concentrer pour en saisir la finesse) pour finir par éclater dans un chorus flamboyant.

Pour cette bal(l)ade musicale, romantique mais plus rapide que le titre ne pouvait le laisser présager, qui nous transporterait presque autour d’un feu de camp en pleine Guerre de Sécession… Vous savez, ces rares moments de répit au milieu de la forêt enneigée où l’on oublie les atrocités de la guerre en dégustant un ou deux écureuils façon méchoui de fortune et en se remémorant le jour où John-Bob a oublié de fermer l’enclos des moutons, tout cela au son d’un air de banjo (alors, oui, je suis ici légèrement influencée par le film Retour à Cold Mountain, que vous n’avez sans doute pas vu, d’une parce que c’est loin d’être un chef d’œuvre cinématographique et, de deux, parce que l’accent Sud Profond que prend Renee Zellweger dans ce film donne envie de s’auto-assommer).

Toujours est-il que cette chanson aux inspirations éclectiques vaut le détour, rien que pour son audace (et pour les harmoniques vocales du refrain). A votre bon c(h)oeur, donc.

Let’s Rock Today (and Free a Squirrel to Make Amends Tomorrow)

Flo

LR : Messieurs (oui, encore), petite précision concernant le premier paragraphe de cet article : vous comme moi savons très bien que RIEN n’a jamais empêché les groupies de grouiller autour de ces DiCaprio du gosier ou de ces Clooney de la gratte. Ni les cheveux gras du chanteur, ni l’obésité du batteur, ni la dépendance à la cocaïne du bassiste (ces associations d’idée sont totalement arbitraires, j’illustre juste). Désolée.

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  1. 3 juillet 2013 à 08:04

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