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#194 – Time Warp

The Rocky Horror Show (1973)


 

Vous avez dit tordu ?

Sans faire de bruit, le petit blog rock approche lentement mais sûrement de son 200ème article. Ce n’est pas encore Versailles, mais l’édifice qui s’érige pierre après pierre, trouve peu à peu sa place dans le paysage touffu de la Rockosphère. Avec déjà 2 saisons au compteur, le Palais LRT entrera bientôt dans le cercle fermé des monuments historiques.

Alors, pour anticiper notre entrée au patrimoine mondial de l’Unesco, je vous propose un article « portes ouvertes ». Pour vous, nous allons entrer dans les souterrains, décortiquer le processus de fabrication d’un article, visiter l’intimité du blogueur. Laissez-vous guider dans les méandres d’un blog exigeant. Prenez un ticket, ouvrez la porte du Palais et entrez dans le Blogy Horror Show !

(NDLRT : Tout ce qui va suivre ne concerne que la partie nord est du palais, celle bâtie par mes petites mains. La Galerie des Matt et l’Aile (LLL) Royale, conserveront précieusement leurs secrets… ).

Derrière les marbres de façade, les dorures ba-rock, et le vernis des calembours, se cachent en fait des coulisses bien plus sombres. Des conditions de travail précaires, des horaires démentielles, des méthodes parfois aux limites de la légalité et de l’éthique. En exclusivité sur LRT, vous allez découvrir la face cachée du blog, la zone interdite…

Tout commence un soir de grande fatigue par le moment délicat du choix du morceau. Moment généralement associé à un doux sentiment de panique. Après 193 chroniques, les évidences se sont réduites comme peau de chagrin. Ne reste plus que de vieux tubes de l’été, quelques succès éphémères oubliés et les morceaux des Beatles (choix rendu impossible par l’arrêt #106 du 26 octobre 2012, émis par la (Grande) Commission du Rock d’Hier et de Demain, dans la sombre affaire « LLLL vs DS »). On laisse donc agir la fameuse sérendipité et quelques heures de cogitations, de scannage de playlists, de balades hasardeuses sur le web et de parties de Ruzzle plus tard, on tombe sur la pépite.

Time Warp ! Pourquoi n’y avais-je pas pensé avant ? Le titre phare de la comédie musicale la plus rock de l’histoire. Un titre qui reste scotché dans la tête dès la première écoute. Banco !

Pour lancer la machine, il nous faut ensuite une amorce accrocheuse et originale. Pour cela, l’article du jour se conforme à la règle, vous en conviendrez et je n’ai nul besoin ici de réécrire ce morceau de bravoure que vous avez encore sous les yeux…

Voir ci-dessus…

Après ces galéjades (le blogueur utilise un dictionnaire des synonymes), il s’agit ensuite de rentrer dans le vif du sujet, de parler du morceau et de son contexte. Si on a de la chance, on connait la chanson, le chanteur, l’histoire du groupe et on a sous le coude une anecdote croustillante à se poiler. Le plus souvent cependant on connait la chanson, vaguement l’album, plus vaguement encore le chanteur et pas la moindre blagounette à se mettre sous la dent. Un travail de bibliothécaire s’impose. Des heures de recherches, de lectures, de visionnages, d’interviews, de visites, de pèlerinage sur les traces du groupe et du compositeur, sont alors nécessaires pour maîtriser à fond son sujet et être crédible face à vous, public averti. Si vraiment les moyens financiers et l’horizon temporel sont limités (choix du morceau le jeudi soir par exemple), un tour rapide sur le rockipedia peut faire l’affaire. Mais la méthode est vivement déconseillée. Les contrôles du comité d’éthique sont de plus en plus fréquent et nombre de blogueur ont été pris la main dans le wiki. Ca donnerait donc :

The Rocky Horror Show c’est avant tout une folle idée d’un musicien fou. Figurant dans les comédies musicales londoniennes du grand Andrew Lloyd Weber (le méchant rival de Mr Sheffield !), le petit Richard O’Brien prend un jour la porte et la grosse tête. L’ambitieux profite de son licenciement pour se lancer dans le grand bain et créer son propre show. Avec son lance-pierre, sa plume et ses idées loufoques, David décide d’affronter les Goliaths de la place en faisant du neuf. Son spectacle sera drôle, sexy, décalé et surtout rock n’ roll. Lumineux !

C’est alors qu’arrive le fond du problème (euh… de l’article) et les fameuses figures imposées. On se secoue le crâne pour remettre les pièces en ordre, et, comme dirait l’autre, on sort la « boîte à outil » du parfait petit blogueur. Il nous faut donc :

  • Une métaphore virtuose. La métaphore est le socle du langage châtié. Et chez LRT, nous sommes châtiés à mort. En voici un modèle :

Si l’article vous semble décousu, c’est que vous n’avez pas encore été voir The Rocky Horror Show. L’article est à l’image de son sujet : une succession de rencontres improbables, une explosion de saveurs sucrées-salées. Car c’est ça aussi le rock : un fil qu’on ne parvient pas à suivre mais qui vous tricote à l’insu de votre plein gré un blouson de cuir noir avec un aigle sur le dos !

  • Un lien vers un autre article LRT. Là encore, un décret s’applique, celui du 16 mars 2012, qui stipule que « chaque article LRT devra, directement ou indirectement, faire référence à un ou plusieurs autres articles LRT, dans des fins discrètes d’autopromotion mais sans visée lucrative ». Dans le cas d’espèce, on pourrait formuler ça ainsi :

Le choix du morceau du jour n’est pas anodin : il est le résultat logique d’un cocktail explosif qui s’est constitué très tôt dans le cerveau délabré de votre serviteur, amoureux fou, à la fois du rock et des comédies musicales. Après l’hommage à notre Johnny Rockfort national, la série des musicals électriques se poursuit donc pour le plus grand plaisir de l’auteur (si ce n’est du lecteur).

  • Un triple boucle piqué. Croyez-moi ou pas, mais c’est fait (et de fort belle manière, entre le canapé et le fauteuil).
  • Un jeu de mot. Chez LRT le blogueur et blagueur. Imposé par le maître en la matière, j’ai nommé LLLL, le jeu de mot (foireux) est peu à peu devenu un motif typique des murs du Palais LRT. En voici une tentative :

Des tonnes de fans hystériques peuplent encore les salles qui jouent le RHS pour assister au spectacle mais aussi pour faire le spectacle. Les vrais endossent ainsi le costume de leur personnage préféré, joue les scènes, suivent les chorées et rajoutent même leurs propres touches. En 2013, le Papy Horror Show fête ses 40 ans, et même s’il a pris quelques rides il est loin d’être HS (pas mieux…).

  • L’intertextualité. Rien à voir avec le mariage pour tous, ce terme désigne les références plus ou moins explicites à des personnages célèbres, des films, des publicités, etc. LRT en est plein (cf. ci-dessus avec la subtile référence à une émission de M6), tout comme d’ailleurs le Rocky Horror Show. J’aurais ainsi pu écrire :

Le pari du jeune O’Brien était fou. Mais avec un Rocky sur son ring, le combat était gagné d’avance (1ère référence). C’est même à se demander si Stallone n’a pas tiré le nom de son héros de ce Rocky là, créature au corps parfait et totalement dénué de cervelle. La légende dit qu’en Bavière, une autre créature du Professeur Franck N’ Furter aurait profité de ses talents de dribbleur et de ses 5 poumons, pour intégrer la communauté des hommes (2ème référence)…

Arrivé à ce moment de l’article en construction, le blogueur soulagé est en général à court de Coca ou d’énergie (les 2 étant intimement liés). Il s’accorde donc une pause méritée. 5 minutes seulement. Juste le temps de remplir un verre, de se dégourdir les jambes, de vérifier les appels en absence… Ah tiens ! Des parties de Ruzzle en retard…

2h45 plus tard, la dure réalité refait surface. Les échecs aux Ruzzle n’ont pas rendu le sourire au blogueur désormais épuisé et aigri. Il faut pourtant conclure. Pas besoin d’être drôle. Un peu d’émotion fera très bien l’affaire :

La visite touche à sa fin. J’espère que vous avez apprécié ce tour dans les caves et les combles de notre bâtisse. Vous savez tout maintenant et comme vous le voyez c’est pas joli joli. Et pourtant on aime ça ! Et je suis sûr que vous aimeriez aussi. C’est donc à vous de jouer maintenant… Faites comme nous. Suivez le manuel, perdez vos soirées, transpirez à grosses gouttes et faîtes nous découvrir votre passion.  Nous vous attendons dans les sous-sols poussiéreux du Palais pour continuer le voyage. Nos coulisses sont grandes ouvertes pour ceux qui veulent bien poser leur petit roc à l’édifice.

Let’s Rock Today (and Write for LRT Tomorrow)

DS

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