Accueil > Review > Review #9 – The Stone Roses @ La Cigale, Paris

Review #9 – The Stone Roses @ La Cigale, Paris

Histoire d’une résurrection :

Attention concert événement. Non ce n’est pas la pub pour la dernière tournée de Mylène Farmer au Stade de France mais l’annonce LRT d’un des concerts de l’année (n’ayons pas peur des mots).

Remettons-nous dans le contexte : un des groupes les plus mythiques du Madchester de la fin des années 1980 début 90 s’est reformé pour trois dates en juillet 2012. 220 000 billets qui s’arrachent en un peu plus d’une heure, soit la vente la plus rapide de l’histoire du rock anglais. Prends ça Mylène.

En tout cas, ça vous plante le décor de la légende des Stone Roses. Alors un concert intimiste à la Cigale pour une double date (3 et 4 juin 2013), vous avouerez qu’on n’est pas loin de l’événement de l’année.

D’ailleurs dans le public, les cinq premiers rangs sont réservés par les Brits qui n’ont pas hésité à traverser la Manche. Les autres rangs sont remplis par des quarantenaires qui ont découvert le groupe en pleine adolescence. Le sourire qui barre leurs visages ne trompe personne sur leur joie de retrouver leur formation fétiche.

Arrivés à l’heure (ça vous surprend ?) le couteau entre les dents, les 4 mancuniens sont prêts à en découdre, et ça se sent dès le premier morceau, l’inamovible et non moins mythique I Wanna Be Adored qui finit en énorme jam des familles. Une chose est sûre, Ian Brown est là pour nous régaler : entre faire mumuse avec son micro, emprunter les lunettes de soleil d’un fan, faire le guignol sur scène, distribuer les hochets comme un marchand de glace vend ses esquimaux sur une plage du Cap d’Agde, il est venu se faire plaisir et nous faire plaisir et chipe alors l’appareil photo d’une groupie du premier rang pour se prendre lui et son crew sous toutes les coutures. Sous ses faux airs de gros durs au visage fermé, il explore tout le répertoire potache d’un leader de bande. Et ça marche parfaitement.

La grosse satisfaction du soir est de savoir que Paul le Poulpe n’est pas mort, bien au contraire. C’est juste qu’il s’est reconverti en batteur. Et il est excellent ! Au point même de venir concurrencer notre Taylor au panthéon des meilleurs batteurs qu’on ait eu l’occasion de voir sur scène. Avec son jeu tout en souplesse, Reni nous fait tout le catalogue des techniques du bon petit batteur. Tout y passe et on le soupçonne même de faire de la totale impro. En tout cas Ian B (vraiment B) ne s’y trompe pas en venant lui faire un gros câlin après un solo majestueux. Ah ça, He bangs the drums. Et en plus, il fait les backing vocals. Grandiose.

Les 3 autres ne sont pas en reste, à commencer par Mani le magnifique (hoho) qui assure l’autre partie de la session rythmique du groupe avec ses basses qu’on imagine très bien être désignées par une sorte de Paul Smith sous acide après une crise d’épilepsie : c’est coloré, psyché, mais beau ! Dans son coin, John Squire (compositeur de tous les morceaux du groupe), sous sa coiffure Paul le Poulpe (la vraie star de la soirée donc…) gratifie tout le monde de sa touche aussi bien discrète que virtuose. Ian quant à lui secoue ses innombrables grelots dans sa dégaine désarticulée, guêtré dans un baggy XXL et une chemise baillante. La voix est un peu fatiguée mais il reste le frontman qui attire le regard par excellence. Et on confirme : Liam Gallagher ne sera pas allé chercher son modèle bien loin…

Le rythme est soutenu, les tubes s’enchaînent et l’ambiance atteint des sommets sur les gros classiques : Fools Gold qui donnera l’occasion de jammer encore un peu, Waterfall qui ravive le public telle une grosse rasade d’eau de jouvence pour les fans de la première heure qui en balancent leurs bière. She Bangs The Drums provoque une hystérie communicative annonçant une fin de set torride : accrochez la ceinture car le groupe enchaîne les tubes comme d’autres distribuent les pains (oui oui je parle bien du seul gars qui ait vraiment réussi sa résurrection). Love Spreads,  un des meilleurs titre du second opus, permet de garder la pression  avant le romantique This The One que le public connait par cœur (bon OK il y a trois phrases distinctes, mais quand même). Made Of Stone pointe le bout de son nez pour notre plus grand plaisir et crée un mouvement de foule plein de joie et de contacts virils. (NDLRT : un documentaire du même nom traitant de la reformation du groupe sortira au Royaume-Uni le 5 juin, trailer dispo ici).

Comment de ne pas conclure sur la chanson de fin inoxydable du répertoire ? I Am The Resurection qui malgré un léger (sic) massacre de IB (Mani et lui en rigoleront) termine le boulot et raccompagne le public qui sortira comblé et avec l’agréable sensation d’avoir effectivement assisté à un moment très privilégié. En fait, avec un peu de recul, on est tous d’accord : nous avons vécu un moment particulier en ce lundi soir. Et je parie que mardi soir, le sentiment sera partagé par tous. En gros, merci les lads.

LLLL & Matt

Setlist du 3 Juin 2013 :

  1. I Wanna Be Adored
  2. Elephant Stone
  3. Ten Storey Love Song
  4. Standing Here
  5. Going Down
  6. Shoot You Down
  7. Fools Gold
  8. Something’s Burning
  9. Waterfall
  10. Don’t Stop
  11. She Bangs The Drums
  12. Love Spreads
  13. This Is The One
  14. Made Of Stone
  15. Breaking Into Heaven
  16. I Am The Resurection

LR : Désolé, nous n’avons pas vu la première partie assurée par The Strypes, mais il parait que ça envoyait du gros son. A suivre donc !

Publicités
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. 7 juin 2013 à 10:49

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s