Accueil > 70's, A Day In The Rock, Rock Legend > #180 – Piano Man

#180 – Piano Man

Billy Joel in Piano Man (1973)

 

Fait pas cette tête, et joue nous un peu de piano !

Rarement il me fut plus pénible d’écrire, alors que je peux jouer. Jouer au piano évidemment. Le clavier de touches plutôt que ce clavier de lettres. Le clavier de son, plutôt que ce clavier de signes.

Car le piano est toujours le plus fort. Il vient avant les mots. Je dirais même plus, il vient avant l’homme, comme dans le titre de la chanson. Il l’emporte sur l’homme et emporte les hommes. Même le pianiste n’est que le pantin de son instrument : c’est lui qui l’attrape par les mains, le mène sur la piste aux étoiles, le fait danser sur ses vagues blanches et noires, lui masse le coeur en insuflant le souffle d’une mélodie. Parfois même, il joue aux rabatteurs, rameute la foule des heureux et devient le noeud des solitudes partagées. Voici l’émotion provoquée et voici le sens de notre chanson.

Billy Joel en 1973, décrit ce que tout musicien ressent lorsqu’il est le centre d’un monde qui chante. Un monde dont il peut être parfois le seul être chantant. Mais parfois aussi, un monde plus vaste, fait de la rencontre des égos que le piano rend égaux. C’est toute l’histoire des piano bar, lorsque les hommes, las de penser, las de bavarder, las de vivre, se tournent d’un seul mouvement vers le noyau commun, la musique que chacun se partage et qui fait l’union. Alors tout le monde écoute, et tout le monde tangue et tout le monde chante. « Da da da di di da…. »

Piano Man est un hymne au pianiste de bar qui balance de son estrade un faiseau d’amour, liant d’une douce corde musicale les êtres qui oublient un instant leur quotidien.

Vibrante et entraînante, cette mélodie à trois temps, révèle au monde un brillant pianiste. Elle restera sa chanson signature. L’emblème du soft rock. Et Billy sera désormais le piano man. Sa vie d’ailleurs est une parabole de cette fusion avec l’instrument. Alors que jeune pianiste il est plongé dans les voluptés du classique, il se sent rejeté et parfois malmené par les ados imbéciles qui l’entourent. Devant la pression générationnelle, il virera de bord, sans changer de chaloupe, pour aborder les torrents remuant du rock et se faire respecter. Logiquement, son troisième âge voit un retour du classique, océan de béatitudes dans lequel il vogue sur son piano depuis la fin des années 1990.

J’aimerais vous en dire plus sur les liens qui unissent rock et musique classique, sur le culte que de nombreux rockers vouent à l’opéra ou aux concertos d’antan, sur les changements de bords, sur la fraternité universelle de toutes les musiques. Mais je ne peux pas. Je dois vous laisser. Le piano m’appelle… Irrésistiblement…

Let’s Rock Today (And Play Piano Tomorrow)

DS

 

Publicités
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. 17 mai 2013 à 18:10

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s