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Review #8 – Puggy, Skip The Use, Justice et Indochine @ Virgin Radio Live, Zénith de Nantes

Le Virgin Radio Live, le 25 Avril au Zénith de Nantes. Pour peu qu’on ait les oreilles un peu branchées sur les radios du Grand Ouest ou qu’on lise Ouest-France, Direct Matin et compagnie, impossible de passer à côté des pubs pour ce qui s’annonçait être « le plus grand événement live de l’année ». Alors soyons clairs tout de suite : oui, c’était bien, mais non, ce n’était pas le plus grand show de l’année. Mais c’était gratuit, alors pourquoi se priver lorsqu’on a gagné des invitations ?

Quatre groupes plus ou moins connus pour un concert qui allait durer une bonne partie de la soirée. L’ordre de passage publié par le Zénith de Nantes quelques jours avant l’événement indiquait Puggy en premier, suivi de Skip The Use, de Justice et d’Indochine en guise de final. L’électro en plein milieu de la soirée, ça promet des confrontations de public, le carnage dans la fosse, une ambiance tendue entre les « indofans » qui refusent de céder leur place et les fans de Justice qui râlent parce que personne ne bouge autour d’eux, etc… C’est donc sceptique que j’arrive à la salle en milieu d’après-midi pour y retrouver trois potes, dont deux spécialement motivés par la venue d’Indochine… Comme la plupart des gens devant la salle depuis la veille ou le matin-même. Le soleil cogne dur, il fait très beau à Nantes et les coups de soleil ne seront pas rares lorsque les portes ouvriront à 18h tapantes.

Les portes viennent d’ouvrir et déjà tout le monde se précipite dans la salle. Je remarque avec étonnement qu’un bon lot des campeurs ont couru vers les gradins pour avoir les meilleures places assises. Rapidement un tas de personnes se fait dans la fosse autour de nous… Et maintenant, l’attente. On discute avec les voisins, on regarde autour de soi, observant patiemment les gradins du Zénith se remplir… 1h30 avant le début du concert, c’est long.

PUGGY.

 Lorsqu’enfin un animateur de Virgin Radio vient pour chauffer la salle, c’est avec impatience que le public répond. Il rappelle par ailleurs que le concert est retransmis à la radio – mais comment oublier que Virgin Radio est derrière ce concert avec les étoiles rouges présentes partout dans la salle ? – Les lumières s’éteignent, il est 19h28, Puggy arrive enfin sur scène et commence à jouer. Pour les avoir croisés quelques heures avant le concert, ils avaient l’air détendus, mais quoi de plus normal pour un groupe ayant déjà joué en première partie d’Incubus pour leur tournée européenne en 2007, puis avant Fiction Plane l’année suivante ? Ils sont un groupe formés par la scène et faits pour la scène. Au VRL, ils ne joueront que des singles ou presque.

Les premières notes de To Win The World donnent le ton : c’est une mélodie pop entraînante qui sera délivrée au Zénith ce soir le temps de quelques chansons. Dans la fosse, les têtes bougent au rythme de la musique, seuls quelques uns fredonnent les paroles dès le début. Pratiquement personne ne les connaît, mais ils arrivent quand même à entraîner une bonne partie du public avec eux pendant les 20 minutes qui leur sont accordées. Give Us What You Want, également extrait du dernier album To Win The World, contraste avec la balade qui suit : How I Needed You est l’une des rares chansons qui soit passée à la radio française, mais le début piano-voix fait nettement retomber l’ambiance énergique instaurée depuis le début du set. Une partie connaisseuse du public chante en chœur les paroles, les têtes dodelinent dans la fosse, autour de moi les gens semblent apprécier le spectacle. Egil « Ziggy » Franzén quitte sa batterie pour le clavier le temps d’un morceau. Matthew Irons, le chanteur et guitariste du groupe, jongle également entre le clavier et sa guitare. Entre deux morceaux, il interpelle le public dans un français parfait : « Si vous connaissez les paroles, n’hésitez pas ! Si vous ne les connaissez pas, vous pouvez les inventer ! » Et effectivement, le public n’hésitera pas à reprendre les paroles et à danser dans la fosse. L’interaction avec le groupe est palpable lorsque Matthew fera chanter les gens au beau milieu de When You Know. Ils sortiront de scène sur un dernier morceau après avoir conquis un public enthousiaste laissé sur sa faim, mais visiblement prêt pour la suite de la soirée.

Setlist

  1. To Win The World
  2. Give Us What We Want
  3. How I Needed You
  4. When you Know
  5. Last Day On Earth (Something Small)

SKIP THE USE.

Un quart d’heure et un changement de scène plutôt rapide plus tard, c’est au tour de Skip The Use de passer. Le nombre de fans est ici plus conséquent, mais j’ai également l’impression qu’ils sont plus jeunes. Lorsque Mat Bastard surgit enfin, en véritable bête de scène qu’il est, les cris déjà abondants se multiplient, et c’est devant une fosse survoltée que le groupe enchaîne les tubes. Cup Of Coffee, Ghost, Give Me Your Life – que tout le monde reprend en chœur – sont alternés avec des morceaux moins connus mais tout autant énergiques. Un problème cependant : sans doute suis-je la seule à préférer une bonne qualité de son à un volume sonore excessif, mais ce dernier point peut me ruiner un très bon concert.

Dans tous les cas, les boules Quiès ont été les amis de plusieurs personnes dans la fosse malgré une ambiance de folie. Le public sautait, dansait mais contrairement à d’autres concerts du groupe (principalement en festival, je me souviens encore des derniers Solidays), il restait possible de respirer et c’était très appréciable. Parmi les morceaux, quelques pépites comme People In The Shadow qui a du ôter la voix à pas mal de personnes. Mat prendra plusieurs fois la parole entre deux chansons, par exemple pour demander au public de faire un « gros bordel ! », et ira même jusqu’à aller chanter à la barrière de la fosse. Le moment le plus mémorable est sans doute celui où il a fait s’asseoir la fosse entière pour ensuite la faire se déchaîner… Le groupe a également dédié une chanson à leur très bons amis de Shaka Ponk, Don’t Wanna Be A Star, et terminera sur Bastard Song. Une demi-heure d’un show qu’on sent bien rôdé, mais qui marche quand même à tout les coups. L’ambiance est là, c’est indéniable. Autour de moi les gens sont pour la plupart à fond dans le concert et ça fait plaisir.

Ce fut court, mais dans la fosse, on a chaud. Il est à peu près 20h30 et déjà deux groupes sont passés. Personnellement, je suis un peu frustrée, surtout par les 20 minutes de Puggy : je ne suis pas particulièrement venue pour Justice ou Indochine. L’inégalité du temps de passage était à prévoir, mais il y a court et court.

Setlist

  1. People In The Shadow
  2. Antislavery
  3. Cup Of Coffee
  4. PIL
  5. Don’t Want To Be A Star
  6. Ghost
  7. Bullet In My Head
  8. Bastard Song

JUSTICE.

Quelques minutes plus tard, les platines de Justice sont installées. Dans la fosse, on sent quelques tensions. Comme c’était à prévoir, beaucoup ne sont pas venus pour écouter de l’électro, mais refusent de céder leur place le temps du mix et se contentent d’attendre que le temps passe. Le problème est qu’en soit, un concert d’électro n’est pas très intéressant à regarder, surtout lorsqu’il s’agit d’électro pur et dur comme Justice. L’intérêt est donc de bouger, de se laisser porter par la musique et par l’ambiance : chose possible à Panoramas ou à d’autres festivals/concerts d’électro où tout le monde sait à quoi s’attendre et a la volonté de passer un bon moment. Au VRL, le fait que Justice passe avant Indochine était franchement mal foutu dans le sens où il n’est pas si courant que ça de voir des indofans s’éclater devant un set d’électro pendant 45 minutes. Et de même, il était maladroit de la part des fans de Justice de vouloir s’imposer aux premiers rangs en prenant la place de gens là depuis plusieurs heures. Bref. Ambiance tendue du slip dans la fosse.

A propos du concert en lui-même, le mix s’ouvre sur le thème de Il était une fois Zarathoustra (qui fait partie de la BO du film « 2001 l’Odyssée de l’Espace), avant de dériver loin, loin, et sans interruption ou presque. On y reconnaît quelques morceaux présents sur l’album. Les tubes, bien entendu. D.A.N.C.E, et un pauvre bout de We Are Your Friend à la fin, presque pour faire plaisir aux fans. Phantom Pt. II et One Minute To Midnight font également partie de ce que j’ai pu retenir du mix. Quelques morceaux empruntés à d’autres artistes ont fait leur apparition, parmi lesquels un remix du fameux Bohemian Like You des Dandy Warhols. Pour conclure sur ce groupe, je dirais juste que les Justice ne sont pas réputés pour leur interaction avec le public. Une partie de celui-ci s’est déchaîné pendant le mix et l’ambiance était là, mais, face aux deux barbus muets perchés sur la scène, le Zénith était loin d’être unanime. Certains ont perçu leur performance comme LE concert de la soirée, d’autres comme un pur foutage de gueule.

INDOCHINE.

Le rideau d’arrière-scène se lève alors que les lumières se rallument et que l’animateur de Virgin Radio fait son show. Derrière, on peut apercevoir une batterie pour le moins complète, ainsi que des sortes de plate-formes que les Indofans reconnaissent sans hésitation. Nul doute possible : Indochine est dans la place. De nombreux changements s’opèrent dans le public autour de moi, les fans de Justice s’éloignent du front de scène, les gens sont de plus en plus impatients. C’est bien pour Indochine que beaucoup de gens sont venus, et ça se voit dans la fosse.

Les lumières s’éteignent à nouveau et les notes de Trashmen font trembler le Zénith. Ça clignote, ça vibre d’excitation, les gens bougent et scrutent les côtés de la scène pour guetter les membres du groupe. Lorsqu’ils arrivent enfin, on peine à entendre la musique tant les applaudissements et les « WOUHOU ! » sont enthousiastes. Le groupe enchaîne sur un morceau du dernier album, Belfast, repris en chœur par une partie du public. Les fans reconnaissent toutes les chansons, des plus vieilles telles Punishement Park à celles du nouvel album – College Boy, Memoria que tout le monde ou presque connaissait sur le bout des doigts à force de matraquage médiatique. L’ambiance est loin d’être figée : le public chante, danse, et si quelques uns restent immobiles, ce n’est pas le cas de la grande majorité qui semble vivre pleinement le concert.

La première partie du concert était principalement composée de morceaux du dernier album ou de quelques extraits peu connus, et sans-doute fallait-il être parfaitement au point sur la (longue) discographie d’Indochine pour apprécier pleinement le spectacle. Les derniers morceaux joués ont cependant ravi les non-connaisseurs. Alice et June tout d’abord a fait frétiller la salle, mais c’est réellement sur Trois Nuits par Semaine que tout a explosé. Le public qui dansait jusqu’alors s’est mis à sauter. Ceux qui restaient assis sur les gradins se sont levés. Et le chiffre trois s’est formé au bout d’une multitude de bras levés pendant un refrain repris en chœur, où tout le monde sautait et dansait en chantant (sans doute crier les paroles serait-il un terme plus exact, d’ailleurs) : c’était fou. Nicola Sirkis en a d’ailleurs profité pour aller traverser les gradins du Zénith, afin de motiver les derniers réfractaires assis sur leurs sièges. C’est une image à voir un jour que celle de tout une fosse retournée vers les gradins pendant un morceau. « Putain de public ! » dira d’ailleurs Nicola. Ça en fera sourire plusieurs. Le rappel se fera avec le morceau le plus mythique du groupe, sans doute plus chanté par le public que par Sirkis : L’Aventurier finit d’achever un public en sueur après quatre heures de concert, et c’est sur ces notes ultra-connues que se terminera le live d’Indochine, et avec lui le Virgin Radio Live 2013. On ressort assoiffé, les pieds en compote, la voix éraillée… mais c’était une bonne soirée. Sans doute pas LA soirée de l’année (nous ne sommes qu’en Avril), mais elle laissera quelques souvenirs agréables dans la tête des 9000 personnes qui étaient au Zénith de Nantes, avec sans doute quelques découvertes live et une envie de revoir, à l’occasion, les artistes qui y sont passés. C’est en tous cas mon cas.

Setlist

  1. Intro – Trashmen
  2. Belfast
  3. Punishment Park
  4. Memoria
  5. Little Dolls
  6. Miss Paramount
  7. College Boy
  8. Alice et June
  9. 3 nuits par semaine
  10. L’aventurier

Little Helmet

Crédit photo : site Virgin Radio – Page de l’événement.

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  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. 30 avril 2013 à 19:10

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