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#174 – The Wall, Side One

Pink Floyd in The Wall (1979)


 
Petite sortie de piste aujourd’hui pour LRT (je vous rassure, j’ai demandé l’avis à mes alcooliques, ils sont OK. Voilà, je sens tout de suite que vous êtes bien rassurés) puisque je ne vous propose pas l’écoute d’une chanson mais bel et bien d’un album entier. Enfin, d’un pan d’album, dans un premier temps. Et j’ai fait ça bien il s’agit de la première partie d’un album qui fait quand même au total 1h21 (difficile de tenir un lecteur en haleine sur un texte pendant qu’il écoute 1h20 de musique, même vraiment bonne. Je ne m’y risque pas…)

En fait l’objectif ici est de défendre un mode d’écoute et de consommation de la musique qui a tendance à disparaitre : découvrir un album dans son ensemble.

Je tiens ici un bon exemple qui se suffira, je l’espère, à lui-même et illustrera au mieux le fond de ma pensée pas toujours très claire.

Vous avez donc lancé la vidéo. L’important ici est de se rendre compte de la contextualisation d’un morceau, d’autant plus importante sur ce type de production classé dans les Opéras Rock, au même titre que des Tommy ou Quadrophenia de The Who ou A Night At The Opera de Queen (et pas au même titre que Mozart, l’Opéra Rock). On arrive à une certaine théatralisation du rock. le morceau phare, le single justement, ne donne pas sa pleine mesure sans cet environnement que l’artiste a voulu lui donner.

Aujourd’hui, nous assistons à une course effrénée au single qui cartonne, au tube qui fera le tour des ondes et franchira la barre des 1 687 069 vues sur YouTube (dont 696 969 grâce à LRT évidemment). Nous sommes à l’ère de la consommation « j’écoute, je garde/jette, je zappe », iTunes (et d’autes) ayant ouvert la boite à pandore de la musique à disposition, à un clic (et un numéro de CB) de chaque souris du monde entier.

Avant, pour découvrir un artiste, on avait les compils, les « best of » (Big Mac-Frites-Coca). Mais même ceux-ci ne rendent pas hommage aux chansons magiques qui font la légende des artistes (ils permettent malgré tout d’ouvrir des portes, mais une fois les albums engloutis, les best of, on les donne aux petites soeurs (coucou !) pour qu’elles aussi se fassent les dents). Maintenant, un coup de YouTube, 3 vidéos sur des enceintes dégueu, et c’est parti, on aime on n’aime pas, on n’écoute, on n’écoute pas. On zape. J’ai l’impression qu’il est de plus en plus difficile de s’imprégner de l’univers d’un artiste. Peut-être aussi est-ce du aux artistes eux-mêmes, qui produisent leur musique dans l’objectif de capter un auditoire sur 1 titre et non plus sur une oeuvre plus conséquente.

Même si, comme tout bon mouton qui se respecte, j’ai succombé à l’iPodisation de la musique, j’ai toujours défendu l’achat d’albums et l’écoute de ceux-ci, d’une traite. C’est selon moi le meilleur moyen de savoir et dire si on aime ou non un artiste, qui avait (c’était mieux avant) toujours ce souci de contextualisation, d’uniformisation de son oeuvre. Ecouter un disque en entier, ça permet aussi de se créer nos propres légendes. Une dont j’aime me rappeler : à la première écoute de Definitely Maybe, ma réaction fut sans appel : « il est pourri cet album, je préfère Morning Glory  il est vachement mieux ». Erreur ? Non madame : 2 ans d’entreposage plus tard, mes yeux se baladent sur ma discothèque et l’idée saugrenue de ressortir ce CD vint. résultat, sans appel : « Hey mais c’est une bombe ce truc !! ». Depuis, si on me pose la question fatidique « si tu devais choisir 3 albums à amener sur une île déserte, lesquels seraient-ils ? » il en fait partie.

Autre exemple : vous aimez With A Little Help From My Friends (la vraie et l’unique, pas celle du chauve hurlant) j’en suis sûr. Mais d’où vient ce « Biiiiillyyyyyy Sheaaaaaars » en intro, sorti de nulle part et mal coupé au montage ? Et bien écoutez la chanson précédente et vous saurez (NB : S’il y a un seul album à écouter d’une traite et dans l’ordre, c’est bien Sgt Pepper’s Lonely Hearts Club Band, de qui vous savez). Et puis bon, c’est génial d’anticiper sur la chanson qui va suivre, les premières mesures du titre suivant résonnent déjà que celui que vous écoutez n’est pas fini. Impossible de faire ça en mode shuffle sur son iPod…

Enfin, et je m’arrêterai là, certains à l’époque étaient tellement contre la singlisation de la musique qu’ils décidèrent de n’en sortir aucun, en tout cas dans leur pays d’origine (anecdote repérée sur le très bon rock-anecdotes.fr). Ca n’a pas empêché Led Zeppelin de devenir le mastodonte que l’on connaît et aussi l’un des plus gros vendeurs d’albums de l’histoire.

Le support à mon argumentaire est, vous l’aurez compris, l’un des titres les plus populaires de Pink Floyd, Another Brick In The Wall, part II (oui, ils coupent les morceaux en plusieurs parties…). Vous l’avez forcément déjà entendue, écoutée, fredonnée. Au détour d’un feu rouge, RTL2 à fond, coincé entre une pub Cetelem et un morceau de Shania Twain ou pire, de Coldplay. Bien vu, le contexte est loin d’être reluisant.

Avant de me plonger dans Pink Floyd, je n’avais que peu conscience de ça, en tout cas pour ce morceau. Je ne l’aimais pas trop. Aujourd’hui, je ne l’écoute qu’avec les 15 minutes qui le précèdent. Comme quoi, la patience…

Let’s Rock Today (and Listen To Full Albums Tomorrow)

Matt

LR : la première pière de The Wall, que l’on peut considérer comme le premier album solo de Waters, fut posée lors de la dernière date de la tournée « In The Flesh » à Montréal, où un fan histérique et agacé essaya de monter sur scène. Waters a alors la bonne idée de lui cracher dessus. Pour éviter qu’un tel événement ne se reproduise, il imagine pouvoir construire un mur entre lui et le public. Et en anglais, mur se dit………..

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  1. 26 avril 2013 à 15:37

    Ah… Les Beats de Dre… 😉

    • 26 avril 2013 à 15:49

      Certes. Mais je les classe pas dans la catgorie « hifi » ceux-l…

      Le 26 avril 2013 15:37, LET'S ROCK TODAY

  2. 26 avril 2013 à 08:42

    Aujourd’hui, on bouffe, on ne déguste plus…
    Aujourd’hui, on court toujours, parfois sans savoir vers où…
    Aujourd’hui, on ne prend plus le temps de se poser. Pour la zique, comme pour le reste, on ne savoure plus, on « avale ». Ah si les gens reprenaient le plaisir de se poser et de savourer… 1h21 de pur bonheur ! Pas mon album préféré du Floyd mais…. Chut… Écoutez !

    • 26 avril 2013 à 18:14

      Sorry Christian, ton commentaire est tombé dans la catégorie Spam. Certainement à cause de http://www.iphophile.fr qu’il a du identifier comme spam. Un comble quand on sait que ton site est l’une des meilleures sources d’informations pour tous les aficionados de la marque à la pomme et de l’Iphone !
      Je reste vigilant pour les valider au plus vite.
      Merci pour tes commentaires toujours aussi sympathiques !!!!

  3. 24 avril 2013 à 23:36

    Avant on mangeait, aujourd’hui on bouffe !
    Ça court partout, sans toujours savoir vers quoi d’ailleurs !
    Idem pour la zique, s’installer confortablement, un casque sur les oreilles pour être sûr de ne pas être emm… dérangé… Un pur bonheur que beaucoup ne connaissent pas…
    Si LRT arrivait à ralentir ce monde…. Et oui, rêvons !

  4. 24 avril 2013 à 10:24

    Je ne peux que valider totalement !

    Les singles, il en faut, indéniablement. Mais ce n’est qu’une porte ouverte pour entrer dans l’univers d’un album.

    Après, l’époque fait que le principe de singlisation s’est amplifié, mais il ne faut pas oublier quand même que les 45 tours, ça ne date pas d’hier.

    En plus d’iTunes et comparses, il ne faut pas non plus oublier le téléchargement illégal, qui pousse encore plus a consommer de façon trop simple uniquement ce qu’on aime, et ne pousse pas a chercher à creuser plus loin. Car quand on achète un album (même sur iTunes) dans son entièreté, on fait l’effort de l’écouter jusqu’au bout, juste pour avoir bonne conscience et ne pas avoir claqué 15€ dans le vent. Alors que quand l’album n’a pas coûté un centime…

    Bref, c’était mieux avant…

    • 26 avril 2013 à 15:36

      Le truc c’est que effectivement le téléchargement illégal a « tué » le plaisir de découvrir un album acheté, mais il permet aussi de découvrir plein de choses. Et si on est un consommateur juste, quand on aime on achète. Malheureusement je pense que ceci est utopique la plupart du temps.

      Avant aussi, lorsqu’on allait en soirée chez quelqu’un, on écoutait ce qu’il avait. Ce qui était forcément différent de ce que nous avions, et permettait donc plus d’ouverture et de partage, le tout dans un état d’esprit qualitatif.
      Aujourd’hui, on fout youtube et let’s go !

      Bref, y a du pour et du contre des deux côtés. Dans tous les cas, aujourd’hui quand j’entends/vois un gars foutre des centaines d’euros dans un casque hifi pour écouter des MP3 dans le métro, ça me fait sourire 🙂

  1. 1 mai 2014 à 19:14

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