Accueil > 60's, A Day In The Rock > #160 – Wild Thing

#160 – Wild Thing

The Troggs in Wild Thing (1966)

 

4 wild tronches de rock

Le rock est un coffre au trésor, ouvert pour nous il y a quelques décennies et dont nous sommes les humbles et provisoires dépositaires. Nous n’en sommes pas toujours conscients, mais nous avons l’insigne honneur d’avoir auprès de nous des témoins directs du moment sublime de la naissance, quand le coffre encore vide a été violemment crocheté et qu’on a commencé à y fourrer des blousons en cuir, des pantalons rayes, des bouts de guitares, des scalp-bananes et tout plein d’autres choses sauvages. Naissant dans le coffre vide, toute une génération de bébés ont vu de leurs yeux vus déferler sur eux les avatars de la rébellion musicale.

Cette préhistoire du rock, c’est ma maman qui l’incarne dans la grotte familiale. Et lors d’un de ces passages éclair dans mon antre parisien, la voici qui raconte, l’oeil pétillant, le temps béni de ses après-midi surprises party en compagnie des Beatles, des Who, des Small Faces et des Troggs : « On avait une copine, la fille de la coiffeuse du village, elle nous invitait dans le salon de coiffure tous les jeudi après-midi, parce que c’était fermé.  Alors on mettait le tourne disque en place, une dizaine de 45 tours par-dessus, et les galettes tombaient les uns après les autres. Ca faisait 20 chansons non-stop ! Et nous on dansait toute l’après-midi… Ah, et y avait deux allemands aussi, des frères, les sosies crachés de Roger Daltrey… Ah Roger ! ». Ok, ok, maman, pas besoin d’en dire plus…

La maman Pierrafeu est donc venue une fois de plus décrocher pour moi une nouvelle stalactite à la caverne aux merveilles. Une chose étrange, grogné par un ancêtre mi-homme mi-néandertal (mi-austin powers), qui a eu la bonne idée de voler le feu aux américains pour faire peur aux anglais englués dans leurs swingies sixties.

S ils ne seront pas adulés comme d’autres, les Troggs feront école. A défaut de devenir le King, Presley (l’homonyme), conseillé par son manager Larry Page (l’homonyme), prend avec ce tube planétaire la place pas encore disputé de grand-père du punk, avant que l’Iguane, les Ramones et les autres ne reprennent le flambeau écorché.

Le morceau est un objet étrange, au riff légendaire et immédiatement reconnaissable, joué par des instrus mal accordés (entre le la et le si bémol), crédité Taylor sur un 45 tours et Presley sur un autre, et qui passera définitivement à la postérité lorsque Amanda Lear le grand Jimi lui rendra les honneurs au fameux Monterey Pop Festival de 1967.

N°1 au Bilboard US, mais seulement n°2 dans leur mère-patrie, les Troggs ne se résoudront pas. Il décrocheront la même année leur premier et unique n°1 aux charts britanniques (With A Girl Like You). Le talentueux Presley ajoutera un peu plus tard à son arc une corde un peu plus sensible (Love Is All Around) qui fera sa fortune quand la plus romantique des comédies romantiques britanniques en fera le titre phare de sa BO.

Ufologue un peu perché durant les dernières années de sa vie, Presley, leader magique et inspiré, nous a offert un ORNI (Objet Rockant Non Identifié), puis s’en est allé cette année. Quatre accords et un enterrement plus tard la jeunesse LRT passe le relais à tous ceux qui veulent encore faire des wild things…

Let’s Rock Today (and  Listen To Your Mum’s Stories Tomorrow)

DS

Publicités
  1. Aucun commentaire pour l’instant.
  1. No trackbacks yet.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s