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#141 – To Tame A Land

Iron Maiden in Piece of Mind (1983)

 

Quand le sable l’emporte sur le fer 

Attention les p’tits loups, fini la rigolade, les romances à l’eau de rock, les ballades soporifiques, les provocations auditives. Aujourd’hui on tape fort, très fort. Aujourd’hui on va pas tortiller du fondement. Aujourd’hui on parle bout de ferraille, gros son et fortes chaleurs.  Aujourd’hui c’est du rock. Pur et dur. Dur surtout. Iron Maiden s’invite sur LRT et ça risque de secouer.

Logiquement, vous vous dîtes : « Non, pas lui ! Pas DS ! Ce chamallow du rock, cette vierge effarouchée ! Il ne va pas oser nous parler de ces autres « vierges de fer »  ? ». Premièrement, je ne vous permets pas de me parler sur ce ton. Deuxièmement, vous avez raison. Je ne vais pas vraiment vous parler d’Iron Maiden (comment le pourrais-je ?), mais de ce qui se cache dessous. Une fois n’est pas coutume, la musique s’efface devant la littérature.

Il y a (au moins) deux façons d’aborder la musique : la bonne et l’autre.

Pour tenir un morceau par le bon bout, il suffit de l’écouter d’en haut, de plonger sans retenue, puis de se laisser bercer, de se laisser surprendre, de se laisser aller, bref de laisser couler la musique sur soi. Comment décrire alors l’extase de succomber à une mélodie nouvelle, débarquement royale sur une planète chaude et réconfortante ? Pourtant, même si c’est à l’évidence le meilleur moyen d’apprécier à sa pleine mesure une oeuvre et de s’en forger une saine opinion, cette méthode  instinctive a ses limites. Il y a parfois des blocages, des pré-notions, des idées préconçues qui se placent entre les sons et les sens. Et l’on en vient par exemple à ensabler notre deux roues (et nos deux oreilles) sur les chemins pas si easy du métal hurlant.

L’autre bout, vous l’avez compris, c’est celui d’en dessous. Comme le voisin trop curieux (et, il faut le dire, un peu pervers), on peut percer un trou étroit dans le parquet d’un morceau et lorgner sous les jupes de l’oeuvre, observer ce qui se cache derrière ses notes longues et effilées. Depuis ces coulisses légèrement malsaines, on découvre parfois de jolies raisons de plonger. C’est comme ça qu’un jour, au détour d’une recherche quelconque, j’en vins à apprendre que les foufous d’Iron Maiden avait un jour voué un culte à l’oeuvre magistrale de Franck Herbert. Notre entente était scellée.

To Tame A Land aurait dû à l’origine s’intituler simplement Dune. Mais Franck Herbert s’y est opposé, et refusa vigoureusement de laisser graver le titre de son chef d’oeuvre sur un morceau de métal. La raison en est simple : l’homme ne pouvait saquer ce genre musical. C’est pourtant grâce à lui et a son odyssée fantastique, que je perçais les premiers mystères du NWOBHM. La chanson, grain de sable dans l’oeuvre des british cinglés (pléonasme ?), retrace par les paroles et par sa tournure harmonique la fresque berbero-futuriste qui alimenta l’imaginaire pré-geekesque de millions de fans. Le ratage cinématographique de David Lynch est à cet égard bien moins fidèle à Paul Muad’Dib, Prince de Caladan, fils de Leto Atréides et de Jessica, la Bene Gesserit. Comme la gueule énorme des vers géants d’Arrakis, cet opus ensorcelant engloutira quiconque tentera l’aventure. Ecoutez plutôt, fermez les yeux, voyez le désert étouffant et le jihad vert contre les Harkonnens. Franck n’aimait pas Bruce, mais Bruce aimait Franck, et ça s’entend.

Sans la mythologie Herbertienne, les saveurs d’Iron Maiden n’aurait sans doute jamais pu couler sur moi. Alors les amis, je vous le dis en toute bienveillance, les voies du rock sont toujours pénétrables. A condition d’attraper le bon bout…

Let’s Rock Today (and Read Dune Tomorrow)

DS

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  1. 6 février 2013 à 15:00

    Vous avez pris les billets ???

  2. ronan
    6 février 2013 à 14:57

    Juin 2013 à Paris!!!!
    Là, on va effectivement « tortiller du fondement »…

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