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#94 – Little Black Submarines

The Black Keys  in El Camino (2011)

 

En 2012, il fallait être sourd malentendant ou aveugle malvoyant, pour passer à côté de leur grosse caisse (celle sur la pochette de l’album et celle qui fait boum boum à l’intérieur). Avec leur Garçon Solitaire, The Black Keys ont fait une fracassante incursion sur les ondes du monde entier. Mais rien à voir avec les one-hit wonder dont nous avons parlé ici ou . Le groupe de garage rock nous a offert en 2012 un merveilleux cadeau, un présent qui se fait de plus en plus rare : un album jouissif de bout en bout. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait tourner en boucle l’ensemble des pistes d’un nouvel album (depuis In Rainbows en fait). Et la chanson du jour n’est qu’une des perles de ce collier. Alors, si vous ne devez retenir qu’une seule chose de cet article (qui n’est pas fini !) c’est que El Camino s’écoute dans sa globalité et n’est en aucun cas rester une piste solitaire !

El Camino est donc une bien jolie route a sillonner. Pourtant le duo du fin fond de l’Ohio n’en est pas à son coup d’essai. Dès 2002, les deux potes d’Akron marquent les esprits avec leur garage rock tranchant, sale, et surtout très bluesy. Un retour aux sources rafraîchissant qui fait de leur premier album The Big Come Up un beau succès pour un album de rock indépendant. Il faudra toutefois 6 autres albums et une dizaine d’années pour que le groupe touche enfin à la consécration internationale. Alors pourquoi El Camino ? Qu’est-ce qui le distingue de ses prédécesseurs ? Quelle est la clé du succès ?

La réponse n’est pas aisée. Voici mon point de vue.

D’abord El Camino ne sort pas de nul part. Le chemin de croix (c’est le cas de le dire) qu’ont suivi les talentueux ricains a été celui d’une lente appropriation des codes du blues, du rock n’ roll, du rockabilly, du glam rock et de la pop. L’ambition est immense et le travail à la hauteur de l’enjeu. Chaque album a été une étape supplémentaire de ce parcours initiatique. Les reprises se sont faites de moins en moins nombreuses, les influences de plus en plus intériorisées, maîtrisées, sublimées.

C’est ainsi que Brothers (leur avant dernier album et leur premier véritable succès commercial)  marque une petite révolution sonore aux Etats-Unis, avec un retour réussi aux sources blues du rock. Les mélodies sont fortes, la guitare grinçante, la batterie féroce, la voix froissée. Mais Brothers « pêche » sur un point : le rythme. Et quand le groupe joue en live ces harmonies entêtantes, le public ne suit pas complètement. Voilà d’où vient la folie du tempo qui a envahi chaque piste d’El Camino. Cette folie remuante qui fait bouger mécaniquement noss gambettes sur Lonely Boy, Gold On The Ceiling, Dead and Gone, et autres hymnes du même acabit.

Tout en saupoudrant l’ensemble d’un rythme soutenu, les Black Keys ont su conserver toute l’inventivité de leur parcours truffé de références au rock américain des années 1950-60. Sans parler de la petite touche beatlesienne (pas seulement dans le sous-marin) qui rend les choeurs envoûtants et les mélodies immédiatement séduisantes. Il y a donc de tout dans El Camino, mais de tout méticuleusement organisé, comme seuls les artistes au sommet de leur art savent le faire.

Et si j’ai opté pour Little Black Submarines, c’est qu’à mon sens, le titre, coupé en deux rythmiques opposées, figure parfaitement l’essence de l’album : un plat délicieux aux multiples saveurs délicatement dosées.

Let’s Rock Today (and Remember The Oldies Tomorrow)

DS

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  1. 18 juillet 2012 à 15:26

    franchement? je n’arrive pas à écouter plus que Lonely boy pour l’instant (qui me file la pêche, soit dit en passant!)…faut dire qu’en face des clés noires j’ai les pistolets et roses…. et Dave Grohl… mais promis on en reparle dans quelques temps!

  2. DS
    17 juillet 2012 à 11:47

    Alors alx02 ? El Camino, ça dépote, non ?

  3. 6 juillet 2012 à 14:26

    El camino: acheté, Use your illusion I : racheté, Back to black: racheté, The colour and the shape: racheté…. c’est bon j’ai fait mes soldes!!!!

    • 11 juillet 2012 à 17:47

      Breaking News : en juillet 2012, l’industrie du disque repart sous l’impulsion d’une fan complètement accro. Nous ne dévoilerons pas son nom, mais on peut vous dire qu’il est à peu de choses près celui d’un chanteur des Guns’n’Roses axonnais. More on that later…

      • 12 juillet 2012 à 16:43

        ah ah ah! Y’en a qui téléchargent (bouh!) d’autres qui font vivre l’industrie du disque…..enfin j’essaye….en tous cas, sur les 4 albums…je n’arrive plus à quitter Dave, c’est normal cette addiction????

  4. 6 juillet 2012 à 12:19

    En mal de nouveautés…je vais peut-être me laisser tenter par l’achat de l’album, je te fais confiance DS, on en reparle!
    Bonne journée à tous

  1. 17 mars 2014 à 11:00

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