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#12 – Last Goodbye
Jeff Buckley in Grace (1994)

Il n’en aura fallu qu’un. Un seul album, pour que Jeff Buckley marque de son empreinte les années 90 (le 20e siècle ? Oui, n’ayons pas peur…).
Grace est un condensé d’histoire et d’influences, et Last Goodbye en est la pierre angulaire. L’exercice d’écriture (que celui qui se sépare de son amante en lui écrivant ses plus beaux mots lève la main… Personne ? C’est bien ce qu’il me semblait…) est réussi avec une facilité scandaleuse. L’arrangement est juste parfait et la performance vocale est incroyable : l’intro est douce, la progression se fait naturellement et le morceau se termine dans une sorte de feu d’artifice, où les vocalises côtoient les accords frappés et la basse vitaminée.
Buckley démontre ici qu’il est bien l’un des tous meilleurs chanteurs de l’histoire – du moins le plus influent depuis Freddie Mercury… N’est-ce pas Matt Bellamy ?
Le drame de son œuvre : l’opinion publique a tendance à le limiter à son Hallelujah. Il est temps de remettre les pendules à l’heure.
Let’s Rock Today (and Say Hello Tomorrow)
Matt
#5 – Where Is My Mind?
Pixies in Surfer Rosa (1988)
La simplicité du riff mêlée au surréalisme des paroles et à l’écho du cri qui semble venir d’outre tombe, et qui résonne comme un appel à l’évasion. Une sorte de chant des sirènes.
Simplicité = un loop de 4 accords, soulignés par une basse qui leur colle aux basques, un refrain qui se contente de répéter le titre de la chanson… On peut difficilement faire moins compliqué.
Et pourtant, Franck Black nous a pondu ici un titre presque unanimement considéré comme une influence primordiale sur le rock de la fin de siècle, sans compter le nombre de groupes qui l’a repris, que ce soit en live ou en studio.
Let’s Rock Today (and Find Our Minds Tomorrow)
Matt
#4 – Seven Nation Army
The White Stripes in Elephant (2003)
Comment réussir sa vie en 4 minutes chrono ? Fastoche ! Prenez, dans l’ordre :
- Cinq notes de musique bien mûres
- Mélangez avec une syncope de saison (non pas 2 ! une seule suffira)
- Ne saupoudrez surtout pas de paroles (ça pourrait tout gâcher !)
- Remuer le tout avec une batterie (de cuisine ?)
Et voilà ! Vous venez de réussir votre vie en 3min52 ! Ou plutôt vous venez de créer un riff énergique, facilissime à chanter, qui s’incruste profondément dans les crânes et qui fera, à n’en pas douter, hurler de bonheur des stades entiers (en chœur et en rythme s’il vous plait). Accessoirement vous faîtes votre fortune et devenez l’idole des jeunes… Elle est pas belle la vie ?
Un rêve de rocker sous exta me direz-vous ? Le plus souvent. Mais ce rêve est devenu la réalité de Jack (et Meg) White qui nous pondent avec Seven Nation Army l’illustration parfaite du slogan de notre tendre époque : « less is more ». Un seul et même motif nerveux et lancinant (Mi-mi-sol-mi-ré-do-si) , qui tourne en boucle non stop, un peu comme le regard hypnotique de ce maudit Kaa. Et ca marche : Grammy Award de la meilleure chanson rock 2004, album de la consécration et, cerise sur le gâteau, chant officiel des supporters italiens depuis la coupe du monde 2006. La classe !
Vous l’avez encore dans la tête n’est-ce pas ?
Let’s Rock Today (and Pa Palapapala Pa Tomorrow)
DS
LR1 : Ca marche tellement que la chanson a déjà été reprise des dizaines de fois et dans tous les styles. Une autre recette du bonheur sans doute…
LR2 : Pour les plus curieux, écoutez donc Jack raconter à Messieurs Jimmy Page et The Edge les 4 minutes qui ont changé sa vie.
#2 – Today
The Smashing Pumpkins in Siamese Dream (1993)
Ce morceau, tiré du (probablement trop) méconnu Siamese Dream, à une époque où le bon, mais déjà vaniteux, Billy Corgan avait encore des cheveux, est un condensé de ce que les citrouilles font de mieux. Une mélodie envoûtante sur l’intro et le riff de couplet, un refrain percutant, gavé à la disto. La montée en puissance de la batterie et la voix de Corgan récitant ces paroles simples et à la fois touchantes terminent magnifiquement le boulot.
En 3 minutes, les Pumpkins nous prouvent qu’ils auraient pu être le symbole du renouveau du rock, à une époque où les groupes de dance squattaient tous les bacs. Mais un autre trio venu de Seattle s’en est chargé. La suite, on la connaît…
Let’s Rock Today (and Not Live For Tomorrow)
Matt
Extraite du premier album – qui est leur plus belle réussite, du quintette mancunien, Slide Away est à classer dans la catégories des chansons ‘underrated’, tout du moins qui auraient mérité une plus large diffusion. La légende dit que c’est une des chansons préférées du groupe et de… Sir Paul McCartney ! Rien que ça.