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#155 – The Bluest Blues
Ten Years After in "Pure Blues" (1975)
Gratter ou creuser, pourquoi choisir ?
Ma brève (mais intense) expérience de la vie me mène, certains soirs spirituels (comprendre : les soirs de surdosage en spiritueux), à débiter aux amis du débit des thèses philosophiques toutes personnelles, mais néanmoins universellement vraies et particulièrement clairvoyantes ! C’est en toute sobriété que je vous offre, à vous lecteurs avisés, une de ces théories de mon cru, merveilleusement concentrée en une maxime percutante et définitive :
"Deux types d’hommes composent notre monde : ceux qui grattent et ceux qui creusent." Imparable, n’est-ce pas ?
Il y a bien sûr aussi ceux qui se grattent et ceux qui se creusent. Mais vous remarquerez que les catégories se superposent inévitablement, puisque ceux qui se grattent ont naturellement tendance à gratter avec avidité autour d’eux, tandis que ceux qui se creusent, rechignent rarement à creuser avec la même énergie (hit music only) en terre étrangère. Si vous me suivez encore, vous faites indubitablement partie de la seconde catégorie, celle des creuseurs, même si en me lisant vous vous grattez frénétiquement le crâne, en marmonnant nerveusement : "qu’est-ce qu’il me veut encore celui-là ?!".
Mais je ne vous veux que du bien, rassurez-vous. Et d’ailleurs ce n’est ni de moi ni de vous qu’il s’agit, mais bien d’Alvin Lee, gratteur de génie et creuseur impénitent. Et oui, vous avez bien entendu : Alvin Lee gratte et creuse de concert ! Et c’est d’ailleurs en concert que le monde médusé découvre cette chimère monstrueuse. Lire la suite…
#130 – You Can’t Always Get What You Want
The Rolling Stones in Let It Bleed (1969)

Message à tous mes détracteurs !
Devant l’indescriptible tollé que ma dernière provocation musicale a soulevé parmi les foules, je me dois de redresser la barre d’une chaloupe à la dérive. Tel César au centre d’une arène écumante de rage, lui réclamant à cor et à cri l’exécution sommaire du pauvre gladiateur, il me faut désormais m’effacer derrière le peuple et obéir. Et pour que justice soit rendue, la sentence devra être à la hauteur de la colère.
Vous voulez donc voir le Rock couler ? Vous souhaitez entendre les vibrants tambours du condamné ? Vous voulez humer le souffre de la révolte ? Je baisse donc le pouce devant vous et je dis : "Tiens, oh peuple de LRT ! Ceci est mon sang ! Par qui vient le miracle de la vie et de la renaissance ! Celui qui coule dans les veines du Rock ! Après le pastiche, voici l’original. Après la brise, la tempête. Après la fourmi, le Léviathan. Après l’anecdote, la Légende. Je t’offre en pâture le Saint Graal. La pierre de Fal (qui roule). J’ai nommé les Rolling Stones ! Sauras-tu encaisser le choc ?" Lire la suite…
#122 – Her Lies
Asaf Avidan & The Mojos in The Reckoning (2008)

Asaf Avidan & The Mojos autant vous dire tout de suite qu’avec un nom de groupe comme ça, je n’étais pas prêt de les écouter. Tout au plus j’aurais pensé intuitivement à Steeve Savidan et son mojo devant le but.
D’ailleurs cela n’a pas loupé, lors des Solidays 2011, à la vue de leur nom, avec l’acolyte Matt on s est dit "encore un groupe de ska ou de Daube-Step, cool on va pouvoir faire une pause bière-junkfood-bière". Ben non raté. Et bien raté…
#94 – Little Black Submarines
The Black Keys in El Camino (2011)
En 2012, il fallait être sourd malentendant ou aveugle malvoyant, pour passer à côté de leur grosse caisse (celle sur la pochette de l’album et celle qui fait boum boum à l’intérieur). Avec leur Garçon Solitaire, The Black Keys ont fait une fracassante incursion sur les ondes du monde entier. Mais rien à voir avec les one-hit wonder dont nous avons parlé ici ou là. Le groupe de garage rock nous a offert en 2012 un merveilleux cadeau, un présent qui se fait de plus en plus rare : un album jouissif de bout en bout. Cela faisait bien longtemps que je n’avais pas fait tourner en boucle l’ensemble des pistes d’un nouvel album (depuis In Rainbows en fait). Et la chanson du jour n’est qu’une des perles de ce collier. Alors, si vous ne devez retenir qu’une seule chose de cet article (qui n’est pas fini !) c’est que El Camino s’écoute dans sa globalité et n’est en aucun cas rester une piste solitaire !
El Camino est donc une bien jolie route a sillonner. Lire la suite…
#67 – With A Little Help From My Friends
Joe Cocker in With a Little Help From My Friends (1969)
Du Blues au Rock, il y a un cheveu blond, un pas léger, un chemin étroit et tortueux, des nuances subtiles. Dans nos morceaux préférés, les harmonies et la rythmiques des deux genres s’entremêlent imperceptiblement. Où se situe la frontière entre les Stones et Muddy Waters ?
Gageure donc que de dénouer, au coeur d’une chanson, les fils pentatoniques du Blues et les fils électriques du Rock. C’est que nous cherchons sans doute au mauvais endroit. Et si la vérité était ailleurs ; si la différence était d’un autre ordre. Si la clé résidait non pas dans l’analyse musicale mais, tout simplement, dans l’émotion qui porte et que véhiculent ces deux familles. Lire la suite…
#41 – 1,2,3
Fredericks, Goldman, Jones in Fredericks, Goldman, Jones (1990)
Alors, j’entends déjà les cris d’orfraies ? Quoi ! Diantre ! Goldman ! Sur un blog de Rock ! Mais de qui se moque-t-on ?!
A tous ceux-là, je préfère répondre immédiatement et sans ambages : oui Goldman a sa place sur LRT !
Songez plutôt : nous voici en présence d’un chanteur à cheveux longs (enfin quand il pouvait encore) et à voix stridente, multi-instrumentiste précurseur, fan de Springsteen, Hendrix et Franklin, entouré d’un guitariste gallois virtuose et d’une chanteuse afro-américaine, et, pour couronner le tout, en couple avec une femme qui pourrait être sa fille. Si ça c’est pas du rock ? Lire la suite…
