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#180 – Piano Man
Billy Joel in Piano Man (1973)

Fait pas cette tête, et joue nous un peu de piano !
Rarement il me fut plus pénible d’écrire, alors que je peux jouer. Jouer au piano évidemment. Le clavier de touches plutôt que ce clavier de lettres. Le clavier de son, plutôt que ce clavier de signes.
Car le piano est toujours le plus fort. Il vient avant les mots. Je dirais même plus, il vient avant l’homme, comme dans le titre de la chanson. Il l’emporte sur l’homme et emporte les hommes. Même le pianiste n’est que le pantin de son instrument : c’est lui qui l’attrape par les mains, le mène sur la piste aux étoiles, le fait danser sur ses vagues blanches et noires, lui masse le coeur en insuflant le souffle d’une mélodie. Parfois même, il joue aux rabatteurs, rameute la foule des heureux et devient le noeud des solitudes partagées. Voici l’émotion provoquée et voici le sens de notre chanson.
Billy Joel en 1973, décrit ce que tout musicien ressent lorsqu’il est le centre d’un monde qui chante. Un monde dont il peut être parfois le seul être chantant. Mais parfois aussi, un monde plus vaste, fait de la rencontre des égos que le piano rend égaux. C’est toute l’histoire des piano bar, lorsque les hommes, las de penser, las de bavarder, las de vivre, se tournent d’un seul mouvement vers le noyau commun, la musique que chacun se partage et qui fait l’union. Alors tout le monde écoute, et tout le monde tangue et tout le monde chante. "Da da da di di da…." Lire la suite…
#152 – Baba O’Riley
The Who in Who’s Next (1971)

Au suivant ?
Il y a 69 ans jour pour jour, dans une banlieue défavorisée de Londres, naissait au sein d’une famille ouvrière un petit blondinet dodu et nerveux.
69 ans plus tard, le londonien platiné et baraqué peut souffler ses bougies en toute sérénité, tout en considérant avec fierté le chemin parcouru. "Il est devenu quelqu’un", pense-t-il, un petit sourire en coin. L’homme est modeste ! Ce quelqu’un n’est pas n’importe qui. Ce quelqu’un est unique ou presque, et toise l’humanité d’un peu plus haut. Ce quelqu’un ne sera pas oublié de si tôt, croyez-moi. Il paraît même, qu’à l’autre bout du monde, de jeunes âmes un peu nostalgiques, prennent encore la plume les 1er mars pour honorer son anniversaire.
Voici son histoire.
Le Rock au Corps
Fils d’ouvrier métallurgiste, le petit Roger pose très vite problème.
#147 – All Right Now
Free in Fire and Water (1970)

Faites pas la gueule, on se souvient de vous !
Vous aimez Free, vous avez tout compris !
Voilà, c’est fait, la blague est placée et vous avez maintenant en tête un fournisseur d’accès internet « révolutionnaire »… Et tandis que je joue avec les mots, la moutarde me monte au nez. Mais quel est ce pays où Free fait résonner en nous l’horripilant bip d’un modem en cours de connexion plutôt que le riff électrique d’une guitare en délire ? Quel est ce pays où même la recherche Google attend deux pages pour nous indiquer que Free est aussi un groupe de rock ? Mais quel est ce pays où Free est au téléphone ce que Téléphone est au rock ?
Mais Diantre ! Le monde devient fou ! La France a-t-elle effacé Free de sa mémoire ? Et Paul Rodgers ? Et Paul Kosoff ? Et Andy Fraser ? Quoi ? J’en demande trop là ?
Bon ok, soyons plus réaliste : et « All Right Now », ça vous parle ?
Ah, là il y a du monde. Là on se souvient. Là on fredonne. Lire la suite…
#136 – Crime Of The Century
Supertramp in Crime Of The Century (1974)
Pour une trempe, c’est une Supertramp!
Intro pas de loup. Voix sucré-salé. Récit métaphoré. Lyrisme débordant. Diptyque désaxé. Solo doublé, puis triplé. Synchronisation clavier-gratte-saxo. Implacable ascension sensorielle. Euphonie euphorique. Twist final. Noir.
La fiche d’identité est là. Suite de mots pour suite de notes. Tout un morceau encodé sur trois lignes. Rien à redire. Le travail est fait. Merci, bonne journée et à la prochaine.
… … …
Le crime était presque parfait. Mais la patrouille LRT est aux aguets. Les chefs-d’oeuvre ne se violent pas. Pour le supermarché du rock c’est à côté, ici on prend son temps, on déguste, on savoure. On n’enfile pas les premiers prix. Et comme l’huître pour la perle, on préfère le goût de la lente gestation. Objectif : un article à la hauteur du sujet.
Supertramp en 1974, ce n’est pas grand chose. Lire la suite…
#130 – You Can’t Always Get What You Want
The Rolling Stones in Let It Bleed (1969)

Message à tous mes détracteurs !
Devant l’indescriptible tollé que ma dernière provocation musicale a soulevé parmi les foules, je me dois de redresser la barre d’une chaloupe à la dérive. Tel César au centre d’une arène écumante de rage, lui réclamant à cor et à cri l’exécution sommaire du pauvre gladiateur, il me faut désormais m’effacer derrière le peuple et obéir. Et pour que justice soit rendue, la sentence devra être à la hauteur de la colère.
Vous voulez donc voir le Rock couler ? Vous souhaitez entendre les vibrants tambours du condamné ? Vous voulez humer le souffre de la révolte ? Je baisse donc le pouce devant vous et je dis : "Tiens, oh peuple de LRT ! Ceci est mon sang ! Par qui vient le miracle de la vie et de la renaissance ! Celui qui coule dans les veines du Rock ! Après le pastiche, voici l’original. Après la brise, la tempête. Après la fourmi, le Léviathan. Après l’anecdote, la Légende. Je t’offre en pâture le Saint Graal. La pierre de Fal (qui roule). J’ai nommé les Rolling Stones ! Sauras-tu encaisser le choc ?" Lire la suite…
#115 – Brothers In Arms
Dire Straits in Brothers In Arms (1985)
Il est tard lorsque je sors ce soir. Le dossier était urgent. Il a fallu finaliser les grilles, mettre à jour les documents, tout relire plusieurs fois, pour envoyer à temps. C’est bon. Le dossier est clôturé. J’enfile mon manteau et parcours l’espace vide jusqu’à l’ascenseur. Je suis seul dans l’étage. Bien sûr dehors la nuit est largement tombée. Je suis fatigué et tendu. J’ai fini mon travail mais il me reste du boulot. Le plus important. L’article de la semaine.
L’étendue de la tâche pèse sur mes épaules fragiles tandis que je marche en rond sur le quai. Le métro arrive, quasiment vide. Vide, comme l’est mon esprit qui lui aussi tourne en rond. Dans le wagon qui me porte vers d’autres quais, je reste debout, comme paralysé par le trou béant de ma volonté. Pourtant je le sais : je n’y échapperai pas. LRT devra proposer une chanson demain. Et je devrais la mettre en valeur. Apaiser les âmes curieuses. Et même, si j’en suis capable, amuser le lecteur. En suis-je encore capable ? Et d’abord, que choisir ? Ne suis-je pas arrivé au bout de mes rouleaux ? Et sans l’esprit rock, peut-on parler de rock ? Lire la suite…
#76 – God Only Knows
The Beach Boys in Pet Sounds (1966)
Partie du fond des Etats-Unis, la vague Rock ‘N’ Roll des années 1950 a touché au début des 60′s les rives anglaise pour se muter en déferlante Pop Rock avec nos "Brits Magnifiques". Devant la prise d’otage de leur bébé survolté, les fiers amerlocs ne pouvaient pas rester sans réaction.
Sur la côté Californienne, une musique nouvelle vient soulever quelques bourrasques timides. La surf music, construite sur les vestiges du doo-wop et du Rock N’ Roll, accumulant les clichés, invente le mythe de la jeunesse insouciante et huilée. Brian Wilson, génie musicale à la santé mentale trop fragile, a parfaitement senti le sens de l’histoire Lire la suite…
#51 – Bohemian Rhapsody
Queen in A Night At The Opera (1975)
Bohemian Rhapsody c’est tout simplement l’Everest du Rock. Bohemian Rhapsody c’est un rêve éveillé. Bohemian Rhapsody c’est six fabuleuses chansons en une seule. Terrifiant honneur d’avoir à commenter aujourd’hui cette 8e merveille du monde, d’avoir à écrire la légende d’une telle légende.
Véritable opéra-rock condensé en 5’55’’ de perfection musicale, ce morceau, où plutôt ce monstre à 6 têtes, se dresse, majestueux, au sommet de l’olympe du Rock. Qui a déjà essayé de jouer et/ou de chanter de bout en bout cette chanson ne peut que s’incliner devant le talent de Freddie et ses frères.
Mais une question s’impose à nous. Comment une telle œuvre est-elle née ? Quelle muse déjantée a bien pu venir bercer les rêves poétiques de Freddie ? Une phrase d’une grande justesse sur le travail d’écriture, d’un certain Michel Houellebecq, pourrait venir à notre rescousse. Laissons donc parler le prix Goncourt : Lire la suite…
#44 – You Really Got Me
Kinks in Kinks (1964)
1964, Angleterre. A l’époque les différents groupes étaient autant focalisés sur la quantité que sur la qualité, les singles étaient au moins aussi importants que les albums et l’objectif était simple : conquérir les States ! Et c’est une des caractéristiques principales de notre chanson du jour.
